Mons inaugure avec cette riche expo sur le surréalisme en Belgique, un musée des Beaux-arts (renommé "Bam") entièrement rénové. Une transformation si profonde qu'on peut parler d'un musée neuf et contemporain. Un grand événement en Communauté française. On se souvenait de ce musée vieillot, perdu près de la Grand-Place, avec sa façade hideuse. Sous l'impulsion de l'omniprésent Elio Di Rupo, Mons a obtenu les 8,1 millions d'euros nécessaires, grâce aux aides européennes (Phasing out), communautaire et régionale, pour entièrement rénover ce musée. Après un concours, on choisit l'architecte parisien Christian Menu qui opta pour le verre (la transparence), le métal et le bois. La façade vitrée et blanche ressemble à du Richard Meier. L'atelier pour enfants, le "dynamusée" est mis en évidence en façade, comme pour souligner que le musée doit être ouvert à tous. Des multiples plans inclinés permettent la circulation aux étages. Au total, le musée a 2 500 m2 de surface d'exposition qui viennent s'ajouter aux 1 255 m2 des "Abattoirs" rénovés pour faire au total 3 755 m2 à Mons pour les expos. C'est très important. L'intérieur est contemporain sans ostentation ni geste excessif. L'éclairage de nuit est superbe et c'est alors le musée qui éclaire la ville ! Les salles sont munies des conditions techniques optimales pour présenter les oeuvres. Elles sont basses de plafond, ce qui les empêche de montrer les grandes pièces d'art contemporain, mais les "Abattoirs" peuvent y pallier. Et le toit est transformé en superbe terrasse en bois avec une vue imprenable sur la ville. Le Bam n'a pas de directeur et est directement géré par la ville (et donc, son bourgmestre/échevin de la culture, Elio Di Rupo). Sa politique est de choisir chaque année un grand commissaire invité pour organiser une expo prestigieuse. A côté de cela, il y aura les collections propres et, fin 2007, une expo sur les collections Neyrinck (Cobra et années 60) et Duvivier (années 50 et 60) laissées en dépôt à Mons par la Fondation roi Baudouin et la Communauté française.

© La Libre Belgique 2007