"Le Soir" révélait, mardi, cette triste histoire. Cette semaine, s’ouvre au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris, l’exposition "Le printemps de l’irrévérence". Tout un programme où se retrouveront de joyeux irrévérencieux comme Jacques Charlier, Jacques Lizène et Eric Duyckaerts. Le plasticien liégeois Werner Meuron devait aussi y être avec une installation "Le ton pastel est donné", dans laquelle il avait investi du temps et de l’argent. Mais à quelques jours de l’ouverture, le directeur du Centre, Christian Bourgoignie, lui a annoncé qu’il serait impossible de présenter son œuvre car il serait peu diplomatique d’utiliser ainsi le drapeau français dans ce qui serait comme une ambassade sur sol français ! On voit cependant mal le scandale qu’elle pouvait créer. Werner Meuron a placé sur un drapeau français, les portraits de Strauss-Kahn, à gauche (normal pour un PS) et Sarkozy, à droite (normal pour un UMP). Mais en faisant ça, Sarkozy se trouve sur un fond rouge et Strauss-Kahn sur un fond bleu. Normal, si on se souvient de l’ouverture à gauche de Sarkozy et de la présidence du FMI de Strauss-Kahn. Werner Meuron a décliné sous forme de tasse, d’assiette et de t-shirts, cette idée d’un "monde frileux" nous dit-il, dans lequel se confondent les politiques. Heureusement, le grand patron du Centre, Philippe Suinen, a réintégré l’oeuvre litigieuse et nous a dit : "Ni art d’Etat, ni censure".