Le Civa tient lieu depuis 17 ans de musée pour l’architecture moderne et le paysage à Bruxelles. Cet acquis et l’immense patrimoine (centaines de milliers de documents, plans, maquettes, photos, 45 000 livres) étaient menacés de faillite budgétaire.

On peut parler aujourd’hui de "big bang" avec la création d’une Fondation Civa, avec une nouvelle structure, un nouveau fonctionnement, un nouveau directeur, de nouveaux objectifs, détaillés mardi par Rudi Vervoort, ministre-Président de la Région devenue seule propriétaire du Civa et par Yves Goldstein, chef de cabinet de Vervoort et nouveau président du Civa.

La structure a été simplifiée avec un financement purement régional bruxellois (possible depuis la dernière réforme de l’Etat accordant à la Région bruxelloise le droit de subsidier des activités biculturelles d’intérêt régional).

Pieter Van Damme

Les quatre associations fondatrices du Civa (Archives de l’architecture moderne, Fondation pour l’architecture, bibliothèque René Pechère, Centre Paul Duvignaud) ont cédé à la Fondation leurs collections en échange d’une promesse de pérennité.

Il y aura cinq départements. Trois reprennent les activités des associations fondatrices : architecture moderne, jardin paysage et écologie urbaine, département pédagogique. On va créer en plus, un département architecture contemporaine (on engagera un directeur spécifique) et un département pour gérer les nouveaux équipements biculturels d’intérêt régional.

Si le personnel a été conservé, on a nommé un directeur administratif et financier pour coordonner ces départements : Pieter Van Damme succède à Christophe Pourtois qui fut directeur du Civa 17 ans. Mais contrairement à ce dernier, il devra laisser la programmation culturelle aux départements.

C’est donc un mélange neuf qui est mis en place, avec plus de centralisation administrative et financière et moins de centralisation culturelle. Pieter Van Damme vient du cabinet de Pascal Smet (SP.A) et a travaillé jadis pour le musée de l’Europe et au groupe SP.A à la Chambre.

Le Citroën et les fleurs

Yves Goldstein a évoqué de grandes ambitions : faire du Civa le lieu de réflexion, d’information et de débats sur la ville de demain et, à terme, un musée de l’architecture.

Le projet de déménager le Civa au garage Citroën reste dans les cartons mais rien n’est décidé même s’il y aurait une logique à le déplacer dans un bâtiment plus grand (le Civa actuel est "full") et plus riche sur le plan de l’histoire architecturale.

La première expo du Civa nouveau est volontairement emblématique puisqu’elle est le fruit d’un travail commun des départements architecture moderne et jardins. Elle est de plus très grand public et donne lieu à un magnifique catalogue.

On y montre et explique avec force documents, photographies, estampes, objets rares, comment le motif floral est au cœur de l’Art nouveau de Victor Horta et les autres. On y voit l’influence décisive des peintres japonais de fleurs qui les ont stylisées pour en faire des motifs géométriques.

De manière très belle, chaque fleur est évoquée et montrée en botanique comme en architecture et arts décoratifs. Une salle est consacrée aux orchidées. Ne manquez pas les délicieux films des années folles évoquant les fleurs.

"Le motif floral dans l’Art nouveau", Civa, 55 rue de l’Ermitage, Bruxelles, jusqu’au 9 octobre.