Europalia a présenté jeudi 28 mai le programme de son festival biennal qui débutera le 6 octobre, durera quatre mois et évoquera la culture turque dans de nombreux lieux de Belgique. Europalia a annoncé aussi qu’en 2017, le festival suivant sera consacré à l’Indonésie.

Les liens entre la Turquie et la Belgique sont nombreux : grande destination touristique, minorité turque importante en Belgique, la Turquie connaît un développement économique spectaculaire avec la croissance la plus rapide d’Europe. Sur le plan culturel, Istanbul est devenue un haut lieu d’art actuel et Nuri Bilge Ceylan a reçu, en 2014, la Palme d’or à Cannes.

Certes, la Turquie est politiquement sensible avec les questions arménienne et kurde ainsi que la dérive autoritaire et culturellement réactionnaire du président Erdogan. Mais Europalia a démontré avec les festivals Chine et Russie qu’il ne parlait pas politique et se concentrait sur les seuls échanges culturels. Même si, ici, on a tenu compte des Arméniens mais on n’évoquera pas un détail "piquant" qui touche à la culture : la construction à Ankara, par Tayyip Erdogan d’un palais présidentiel mégalomane (200 000 m2, plusieurs fois Versailles, 1150 pièces, un coût de 300 à 490 millions d’euros). Un palais contesté sur les plans architectural, légal (la justice l’a déclaré illégal) et politique, construit par l’architecte belge Sefik Birkiye, avec comme entrepreneur le commissaire général d’Europalia côté turc.

Le plus grand

Le festival Europalia subit les restrictions de subsides comme toute la culture (moins 20 %, dit-on) et le sponsoring est devenu difficile. S’il a choisi de resserrer son programme, il restera la plus grande manifestation culturelle belge avec plus de 200 événements. Il y aura 3 grandes expos : d’abord, deux à Bozar, à Bruxelles, sur 12 millénaires d’histoire anatolienne à travers les rituels et une expo sur Istanbul vue par les photographes dont le formidable Ara Güler tant apprécié d’Orhan Pamuk et Sophie Calle. La troisième grande expo sera au MAS, à Anvers, sur les liens entre les ports d’Anvers et d’Istanbul. Une douzaine d’autres expos plus petites présenteront, entre autres, d’importants artistes turcs contemporains (au Smak, au Muhka, à la Centrale). A cela s’ajoutent les volets concerts, scènes, littérature et cinéma sur lesquels nous reviendrons à l’ouverture du festival.