Arts et Expos

Coffret David Lean

5 DVD Carlotta Twin Pics, env. 35 €

De David Lean, on ne connaît souvent que la deuxième partie de carrière, celle des grandes productions épiques et exotiques, “Le pont de la rivière Kwai” ou “Lawrence d’Arabie”, des œuvres ou l’Histoire avec un grand H se mêle au destin intime pour atteindre un lyrisme inégalé. Cette deuxième partie est, en fait, la troisième. Avant de mettre en scène, David Lean fut d’abord un monteur, celui de Michael Powell notamment. C’est l’auteur Noel Coward qui le pousse derrière la caméra en le chargeant d’adapter ses pièces. Sous l’aile de cette grande figure du théâtre anglais, il va prendre son envol dans les années 40. C’est la période abordée en cinq films dans ce coffret. On y découvre un David Lean intimiste qui peint les sentiments, la passion particulièrement, sous différents modes, comme la chronique dans “Heureux mortels” (1944), la comédie “L’esprit s’amuse” (45), le procès “Madeleine” (49) et le mélodrame dans “Les amants passionnés” (50) mais surtout “Brève rencontre” (45), absolu chef-d’œuvre, sans doute le plus beau film du Britannique.

Desperate Housewives saison 7

1 coffret 6DVD ABC, env. 40 €

Désillusions à Wisteria Lane. Pas seulement pour les audiences, en chute libre aux Etats-Unis, contrairement à la Belgique, mais en raison d’une ambiance plutôt morose. Paul Young est en effet revenu pour pourrir la vie de ses anciens voisins et leur faire payer les années de prison qu’il estime avoir faites à tort. Au loin, Felicia Tilman, son ennemie “intime”, veille au grain… Mais le ciel semble très obscurci pour toutes les familles, soumises à une incroyable averse de tuiles qui va obliger, une fois de plus, les quatre amies à se serrer les coudes; les caprices et sautes d’humeur de la nouvelle venue Renée Perry (Vanessa Williams) devenant très rapidement le cadet de leurs soucis. Une avant-dernière saison louchant bien plus vers le drame que vers la comédie.

The Smiths

Complete, coffret 8 CDS, Warner, env. 45 €

La brièveté de leur carrière ne les rendit pas moins influents : entre 1982 et 1987, les Smiths symbolisèrent le rock indé britannique. Avec eux, la musique populaire remet les synthés et autres machines à sons à la cave, d’où ressortent les vieilles guitares électriques, toujours en vogue dans la Britpop aujourd’hui. Mais le punk et la new wave sont passés par là, et rien n’est plus comme avant. Steven Morrissey, chanteur fasciné par Oscar Wilde, et Johnny Marr, le guitariste aux accents entre Keith Richards et The Edge, mènent une barque qui conduira à quatre albums studio et un live. A ceux-ci, ce coffret ajoute trois compilations. Sans être “Complete” complet comme son nom le laisserait accroire, l’ensemble bénéficie d’une remasterisation grand style. Emballés dans des pochettes cartonnées, modèles réduits des 33 tours originaux, les disques restituent une ampleur et une définition sonores inédites justifiant leur acquisition, même par les fans qui les possèdent déjà.

Johnny Hallyday

50 ans/50 standards, coffret 3 CD, Universal, env. 20 €

Le compte est vite fait : cinquante chansons devenues des classiques, pour représenter autant d’années de carrière, et voilà, l’affaire est dans le sac. Et pour tous ceux qui auraient déjà “Le pénitencier”, “Ma gueule” ou “Laura” en quatorze exemplaires, il y a l’inédit “Avec le temps” (1980), guitares, cordes et voix, par moments méconnaissable. Avec le temps, vient, tout s’en vient

Sonia Rykiel, dictionnaire déglingué

Flammarion, 136 PP., env. 25 €

La vénérable créatrice, âgée cette année de 81 ans, si elle a passé le flambeau pour le dessin de ses collections, a toujours plein d’idées qui tourbillonnent sous son casque roux. La preuve avec ce dictionnaire extrêmement personnel, intime agencement alphabétique de mots coups de cœur ou de mots d’amour, à propos de la mode, de ses flonflons et freluches. Un annuaire de mots stylés, à destination de toutes les femmes, à qui Sonia Rykiel semble s’adresser, en les entourant chaleureusement de citations et de poésies préférées. Une balade illustrée entre mots et mode.

Les 25 plus belles histoires de Noël

Gallimard jeunesse, 144 pp., env. 13 €. Dès 3 ans

Avec sa couverture dorée ornée de motifs tels que des petits rennes, des sapins, des branches de houx ou des petits igloos, “Les 25 plus belles histoires de Noël” annoncent la couleur. Voici une encyclopédie bien de saison qui reprend les grands classiques du genre dont “Le sapin de monsieur Jacobi” de Robert Barry, “Le Noël de Salsifi” de Ken Brown, “La nuit du berger” de Michael Morpurgo et Quentin Blake ou encore “Le sac à disparaître”, avec l’adorable famille lapins de Rosemary Wells et le petit Damien qui, malgré son nouvel ours en peluche, aimerait beaucoup pouvoir jouer avec les jouets de ses frères et sœurs. Car la fête de Noël, malgré le bonheur promis, engendre aussi des frustrations parfois difficiles à gérer. On retrouvera également avec grand plaisir l’histoire de Melrose et du crocodile Croc par Emma Chichester Clark, un récit qui respire les Noëls d’antan avec des sapins géants, des vitrines pleines de cadeaux et du patinage au parc. Une valeur sûre.

Le Bon Usage

- Grevisse et Goosse, De Boeck/Duculot, 1640 pp., env. 89 €

“Le Bon Usage” se veut LA grammaire du français vivant, donc en constante évolution. Conçu par Maurice Grevisse (1895-1980), il vit le jour en 1936. Après la guerre, l’éloge qu’en fit André Gide lui valut un succès inattendu de par le monde : le chanteur Georges Brassens le cita, le président du Sénégal Senghor le voulut sur la table du conseil des ministres à Dakar. À partir de 1980, André Goosse prit le relais. Faut-il rappeler qu’il gratifia les lecteurs de “La Libre Belgique” de 452 chroniques intitulées “Façons de parler” entre 1966 et 1991 ? Sous sa houlette, “Le Bon Usage” connut de nouvelles éditions, témoignant du souci d’intégrer les tournures et les écrivains d’aujourd’hui. Dans la 15e, qui vient de paraître pour le 75e anniversaire de cet ouvrage de référence, sont, par exemple, cités Eric-Emmanuel Schmidt et Michel Houellebecq. Bref, un ouvrage qui se veut incontournable pour tous les amoureux de la langue française.

En tête-à-tête avec les Présidents de la République

Jean-Louis Debré et Philippe Lorin, Gründ, 135 pp. ill., env. 19,95 €

De Louis-Napoléon Bonaparte, président de la Ière République de décembre 1848 à décembre 1852, à Nicolas Sarkozy, patron de la Ve depuis 2007, une grande fresque de Jean-Louis Debré, président du Conseil constitutionnel, finement illustrée par Philippe Lorin, qui resitue l’ensemble des Présidents depuis le tout début de l’épopée républicaine en France. De la belle ouvrage, haute en couleur. Dans la foulée d’un excellent album consacré l’an dernier au général de Gaulle.