Le printemps est encore loin et pourtant Avril nous offre déjà sa lumière et ses lignes dans une très belle exposition baptisée "Over the window" à la galerie Huberty&Breyne en plein centre de Bruxelles.

François Avril, jeune quinquagénaire, a fait ses premières armes dans la bande dessinée, avec un style déjà très personnel, largement teinté de ligne claire. Mais l’artiste s’est rapidement orienté vers des espaces plus grands que les vignettes que lui offraient les BD classiques. "Si je voulais sortir du cadre, on peut dire que c’est raté", s’amuse-t-il en pointant le titre de sa dernière exposition ("Over the window") dans laquelle il aborde la notion du tableau dans le tableau, ou comment une œuvre peut en révéler une autre.

Un dessinateur

François Avril, qui vit désormais une partie de son temps à Bruxelles ("j’aime cette ville, ses contrastes, sa vie") se méfie du qualificatif "artiste". "Je ne me sens pas à l’aise avec cette appellation. Je lui préfère sincèrement le mot dessinateur. C’est ce que je suis profondément. Dans mes toiles, je ne peux pas et ne veux pas cacher mon influence née de la bande dessinée. Le trait noir des dessinateurs de BD est omniprésent."

La trentaine de dessins et de toiles présentés dans cette exposition bruxelloise offre une vision renouvelée de son univers. "Toutes ces toiles et dessins ont été réalisés cette année. Je ne suis pas un boulimique mais j’ai besoin de dessiner. Quand je suis ici, à Bruxelles, j’ai l’espace nécessaire pour travailler à mon aise et comme je suis dans le centre-ville, j’ai toutes les inspirations sous la main", explique-t-il en pointant du doigt la juxtaposition des toits situés de l’autre côté du boulevard où il est installé. "Voyez ces lignes, c’est mon univers. Je pourrais presque me contenter de les isoler et d’apposer ma signature en dessous…".

Dans cette nouvelle exposition, François Avril nous balance ses ambiances et ses paysages urbains, chaque fois les mêmes, chaque fois un autre avec comme points communs, une vraie poésie, un silence authentique et une invention… rationnelle.

Des villes imaginaires

"Quand je commence une toile, ma main se met à bouger presque naturellement sur la toile", explique-t-il, avant de se mettre devant une grande feuille pour prouver ce qu’il dit. Le crayon monte et descend sans forcer. Naturellement. La ville prend forme. New York ? Bruxelles ? Tokyo ? Certains dessins vont naître des espaces que l’on pense reconnaître. "Peut-être à cause du mobilier urbain qui est partie intégrante de mon dessin", sourit François Avril, sans lâcher sa composition. Mais ce sont toujours des villes imaginaires. Certaines formes, certaines découpes, peuvent faire penser à un univers plutôt qu’à un autre mais ce sont d’abord des ambiances, des envies personnelles, des évidences du moment."

Avril demeure un dessinateur parce qu’il parvient à greffer de l’humanité dans ses blocs qui pourraient apparaître austères. Un peu à la Edward Hopper, il parvient à distiller la vie en quelques traits à l’intérieur de ses œuvres. Comme si la vie était toujours derrière les murs compacts qu’il nous offre.


---> A la galerie Huberty&Breyne, place du Grand Sablon, jusqu’au 20 novembre.