Les peintures de l’artiste français Claude Garache (1929, Paris où il vit) ne font partie d’aucune école particulière et échappent à ce que l’on appelle la question de la modernité tant elles ne se définissent que par elles-mêmes et tant elles participent d’une véritable obsession de l’artiste pour le corps féminin et pour une seule couleur.

L’artiste a aussi opté pour une figuration d’orientation classique alors que l’époque était à l’abstraction. Peu, voire pas connu chez nous, rarement repris dans les grands ensembles, ce peintre - que l’on aura plaisir à découvrir si on ne le connaît pas, tant sa singularité - peut surprendre mais surtout convaincre, et a cependant beaucoup exposé en Europe, aux Etats-Unis et au Japon et fut représenté pendant de longues années par la galerie Maeght, ensuite par la galerie Lelong à Paris, excusez du peu !

A l’occasion de l’acquisition d’une grande toile, le musée lui rend hommage avec une quinzaine d’œuvres dans une salle de la collection permanente. Sculpteur de formation, ce Parisien s’est rapidement colleté à la peinture en regardant quelques aînés de choix, dont Matisse. Jamais cependant, il ne s’est totalement détaché de son double apprentissage, le dessin et la sculpture. Du premier il a conservé une maîtrise de la représentation vivante et du second le sens du volume qu’il magnifie littéralement en peinture et ce d’autant plus qu’il pratique le monochrome, principalement dans les tonalités de rouges, le vermillon étant de ses préférences comme le montre l’exposition.

On pourrait dire qu’il travaille à l’ancienne puisqu’il recourt exclusivement au modèle vivant auquel il fait prendre des poses peu communes et celles-ci sont pour une bonne part de la singularité de son œuvre qui s’offre une incroyable variété alors qu’il traite inlassable d’un seul et même sujet : le nu féminin ! Bien réelles, bien en chair, terriblement vivantes, les femmes qu’il peint ne sont jamais anonymes sans être reconnaissables car un léger flou des matières évite toute personnification trop réaliste et tout détail inutile qui serait purement descriptif.

Il évoque et fait vivre les corps, tourne autour d’eux comme un sculpteur peut le faire jusqu’à impulser l’impression de mouvement et surtout de vie. Rien n’est figé, arrêté, ses modèles respirent et dégagent une sensation de bien-être. Fortement cadrés dans l’espace du tableau au fond invariablement blanc, les corps féminins y semblent parfois comme en apesanteur, seuls avec eux-mêmes, sublimés pour eux-mêmes et sans la moindre impudeur.

Dans la couleur de Garache. Hommage. Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, 11, avenue du Président Wilson, 75116 Paris. Jusqu’au 24 juin. Du mardi au dimanche de 10 à 18h. Infos : www.mam.paris.fr

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