Arts & Expos

Bien sûr, la Collection Lambert à Avignon ne cherche pas àconcurrencer les deux expositions Basquiat, décisives, en 2017 au Barbican de Londres et fin 2018, à la Fondation Vuitton à Paris. Plus petite, elle est néanmoins belle et passionnante.

Elle rappelle d’abord le rôle d’Yvon Lambert le galériste et collectionneur qui fut l’ami de Basquiat. Il légua à Avignon, 25 Basquiat dans la collection, dont le grand tableau oùBasquiat, en Roi vaudou, est surmonté du mot Asbestosrappelant les mines d’amiante où mouraient les ouvriers noirs. Arrivée à Paris, roulée dans un tube, la toile fut achetée par Yvon Lambert pour trois fois rien.

Surtout, l’expo, nourrie de nombreux prêts, montre bien les liens entre Basquiat et Matisse, Picasso et Twombly. Il n’y a pas de « primitivisme » chez Basquiat mais un art très construit, très au fait de l’histoire de l’art. Enfant, il avait admiré Matisse et Picasso au MoMA et au Guggenheim oùsa mère l’emmenait. Brillant dessinateur, Basquiat cherchait d’abord, comme ses illustres modèles, à inventer un jaillissement perdu, à réimposer une peinture figurative et expressive alors passée de mode, avec une force neuve et singulière.

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