Les sculptures-jardins de Culot

Arts & Expos

Roger Pierre Turine

Publié le

Les sculptures-jardins de Culot
© D.R.

De solides piliers de blocs de pierres à l'état brut flanqués d'une poutrelle supportant la masse vivante de vieux fers déclassés, et voilà qui met immédiatement dans une ambiance inusitée le promeneur du superbe parc fleurant l'automne tout proche!Pierre Culot a investi les lieux avec l'aisance de celui que l'auguste travail de la terre (il était jadis un potier reconnu) a, ces dernières décennies, conduit à relever des défis autrement décoiffants. Nous lui connaissions, certes, ses murs de briques découpant l'espace avec l'assurance de la prise en charge innovante et féconde d'un paysage. Or, voici que, soucieux de ne jamais s'arrêter en chemin, l'homme de Roux-Miroir s'est imposé des charges beaucoup plus lourdes encore. Des investigations en prise directe et positive sur les états d'une nature universelle trop souvent piétinée, méprisée, désorientée.Avec l'aisance de celui que rien n'arrête, Culot se projette désormais dans l'environnement avec des sculptures emblématiques d'une réaction fondamentale à cette société de la consommation qui épuise tout, jette tout, sacrifie tout sans se soucier le moins du monde des lendemains qui déchantent. Indépendamment pourtant de la symbolique enclose dans ces récupérations de tout (vieux fers, canettes, bricailles, etc.) en symbiose avec arbres et pelouses, le sculpteur nous invite à une réflexion de promeneur heureux de se retrouver de mèche avec les implications conjointes de la nature et de ce que l'homme en fait.

Car cette exposition «paysagère» forme un tout indissociable et c'est bien en cela que tient sa réussite. Aux vastes espaces suscités par un parc que déjouent parfois des jardins plus subtils, l'artiste confronte une suite de totems d'une abstraction saisissante par ses amplitudes, quand fers tordus et pierres équarries dans la masse se juxtaposent aux ombres déclinées par de vieux hêtres majestueux. Chaque sculpture, chaque structure joue avec superbe l'acte d'intégration au monde.

A l'intérieur de la Villa Blanche, le complice de Culot, le photographe Philippe Saenen, a déposé ses remarquables clichés des compositions lourdes et tenaces de Culot. Impressionnant aussi. Une intégration forte et salutaire.

© La Libre Belgique 2004

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