La tradition des spectacles de marionnettes, autrefois très populaires et s’adressant à un vaste public aussi bien adulte qu’enfantin, perdure encore en quelques lieux, comme Toone à Bruxelles ou le musée Tchantchès en République libre d’Outre-Meuse à Liège, sans oublier la très dynamique maison de la Marionnette de la Fédération Wallonie-Bruxelles installée à Tournai, avec des stages mais aussi des spectacles proposés par la compagnie du Créa-Théâtre, sans oublier le musée des arts de la marionnette que cette maison abrite, avec pas moins de 2500 marionnettes de toutes formes et provenances.

Si ces dernières ont donc un toit en Wallonie, au nord du pays, par contre, 400 de leurs consœurs, elles aussi à haute valeur patrimoniale, originaires de Gand (théâtre Taptoe) et de Malines (théâtre De Maan, une compagnie familiale qui en est à sa troisième génération de Contryn, Paul étant l’actuel faiseur de figure et scénographe), cherchaient ces dernières années un abri. Confiées au Cemper, le Centre du patrimoine musical et scénique n’ayant pas vocation à la conservation du patrimoine, ce dernier recherchait depuis fin 2019 une solution d’hébergement pour ces magnifiques objets n’attendant qu’une chose : reprendre vie.

Des bénévoles du musée malinois Hof Van Busleyden se sont chargés de répertorier, numéroter, étiqueter, photographier et décrire chacune d’entre elles. Ensuite, suite à l’appel de Cemper à vingt-deux institutions belges et internationales, douze, dont trois étrangères, manifestèrent leur intérêt et cinq d’entre elles ont été retenues, dont les Musées royaux d’arts et d’histoire, à Bruxelles qui se verront confier vingt-cinq des 400 marionnettes et poupées considérées comme patrimoine culturel, à charge de les présenter au public, bien évidemment. Ce sont notamment des poupées à main provenant de Malines et conçues en temps de guerre ou juste avant par l’Allemand Harro Siegel (1900-1985). L’autre série date des années 50, provient du Hopla gantois et évoque l’épopée napoléonienne.

Les quatre autres institutions sont l’institut d’histoire sociale et le musée de la vie populaire, tous deux installés à Gand, le Hof Van Busleyden à Malines et le Centro Internacional del Titere de Tolosa, en Espagne. Pour le musée malinois qui devient propriétaire de 124 d’entre elles, pas question de les mettre en dépôt dans les caves. Elles resteront actives au théâtre de marionnettes de Maan, au côté des marionnettes et poupées actuelles.

À noter également que le musée de la vie populaire, dite Maison Alijn, à Gand, jouera le même rôle, en Flandre, que la maison de la marionnette tournaisienne.

On notera encore que les pièces de moindre valeur ont été confiées à l’académie et au conservatoire municipal de Malines afin de servir à la formation des futurs marionnettistes.

Thyl L’espiègle, le Roman de Renart, le diable (Faust) ont encore de beaux jours devant eux.