Michel Leonardi: l’art et la vie en couleurs

Claude Lorent Publié le - Mis à jour le

Arts et Expos Expo & monographie Voir autrement l’œuvre de Michel Leonardi. Critique Claude Lorent

De Michel Leonardi, on connaît et apprécie depuis longtemps les peintures qui déclinent formes et couleurs en toute liberté et en une abstraction empreinte de fraîcheur et de dynamisme. La présente exposition surprendra sans doute plus d’un visiteur car l’artiste liégeois (1951) y étend considérablement son registre en rassemblant en des installations murales divers types d’œuvres aux techniques variées. Il y montre en quelque sorte ses multiples préoccupations ainsi que les sources et les intérêts d’une démarche plurielle axée néanmoins et fondamentalement sur la couleur.

La proposition de l’ouvrage monographique qui accompagne l’exposition se présente à la manière d’une visite d’atelier, "lieu de matérialisation des œuvres, d’expérimentation, de synthèse, dévaluation de la pertinence des intuitions", comme le précise l’artiste.

Quant à la couleur, il considère qu’elle "devient immatérielle" et qu’il n’est "plus possible de la concevoir comme une surface clairement définie". L’expo et la publication donnent ainsi un très large aperçu de l’ensemble du travail.

Figures et mots

On pourra également considérer cette expo comme un voyage de découverte, voire initiatique et conflictuel, dès lors que le titre générique des œuvres de Michel Leonardi est "L’Anabase" ! Un itinéraire qui passe par l’abstraction picturale mais s’arrête en nombre d’autres stations.

Ses maquettes nous impliquent dans l’architecture, dans les interventions, généralement de couleurs, réalisées in situ en collaboration avec des architectes. Dans les dessins, les peintures, la figuration paysagère fait son apparition, non dans l’illustration mais dans l’interprétation libre qui témoigne cependant d’une large vision du champ artistique et pictural. Les mots eux-mêmes revendiquent leur intervention, amenant sens et graphisme. L’objet s’intercale et le vocabulaire formel dévie de sa trajectoire habituelle. Et l’imaginaire, la fiction réveillent les souvenirs, titillent les versions paysagères, ironisent parfois sur nos clichés. Une part ludique n’est jamais très loin. Mais la colère peut aussi s’inviter. L’art et la vie en quelque sorte.

Pour tout cela, avec bien d’autres images complémentaires et quelques inserts textuels, on feuillettera l’ouvrage à la manière d’un livre d’images ou comme on visiterait une expo !


Claude Lorent

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