Out of Focus en apéro photo

Arts & Expos

Jean-Marc Bodson

Publié le - Mis à jour le

Out of Focus en apéro photo
© Pauline Beugnies

L’année semble avoir commencé sur les chapeaux de roue pour le collectif Out of Focus. On a pu s’en rendre compte lors de la projection "apéro Photomatic" au Bar du Matin, ce dimanche soir. Le café de la place Albert était plein comme un œuf pour ce rituel dominical qui en est - soit dit en passant - à sa troisième saison. Pas mal de photographes s’étaient déplacés pour voir les productions récentes de leurs collègues dont le groupe va se joindre apparemment très bientôt à Picturetank. Sur un fond de groove jazz, une dizaine de propositions et quelques films se sont succédé pendant environ deux heures. Tout n’était pas de la même eau, mais dans l’ensemble on peut dire que la qualité était au rendez-vous, en tout cas en ce qui concerne le côté photographique.

Pourtant, difficile de comparer la série sur les portes de maisons dans les camps de réfugiés palestiniens en Syrie par Thomas Fréteur avec le travail en profondeur de Pauline Beugnies sur les femmes de la mouvance des Frères Musulmans en Egypte. Même constat en ce qui concerne la série "War is not a game" de Thomas Vanden Driessche sur les allumés qui jouent à la guerre dans nos forêts d’Ardenne et le reportage encore tout chaud de Colin Delfosse sur les élections brûlantes au Congo. Que ce soit pour "ces quatre-là" ou pour Alice Smets qui a montré un bel ensemble en deux parties sur Haïti côté pauvre et côté riche, les bonnes images ne manquent pas. Mais on s’aperçoit de l’importance d’un editing exigeant et légendé dans le cadre du documentaire.

Pour se convaincre, il faut voir sur le Net les photos des Sœurs Musulmanes de Pauline Beugnies contextualisées et légendées. Il y a presque là de quoi sortir un bouquin. En tout cas des reportages charpentés. On s’aperçoit aussi de la limite de la projection - ce qu’on savait depuis longtemps - qui laisse les images orphelines de leurs légendes et donc, d’une bonne part de leur sens. Projection qui met aussi sur le même plan travaux conceptuels et reportages humanistes. C’était frappant de voir cet Haïti chéri d’Alice Smets et le travail étonnant d’un Thomas Fréteur endossant des uniformes d’écoliers dans le même pays pour des autoportraits plutôt plasticiens.

Ceci dit, deux photographes en Haïti, un autre qui revient du Congo et une autre qui s’en retourne en Egypte Cela témoigne d’une énergie qui promet une exceptionnelle année 2012 au collectif.

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