Arts et Expos

Magritte parvient toujours à nous surprendre. La grande exposition au Centre Pompidou à Paris est bien l’événement attendu de la rentrée. Il y avait foule lundi soir au vernissage VIP comme mardi, pour la visite de presse.

Pourtant tout paraît si connu et évident dans son œuvre. Il y a des expos Magritte tous les six mois dans le monde, le musée Magritte à Bruxelles connaît un grand succès et ses tableaux se retrouvent sous forme de posters ou de gadgets dans tous les foyers. Son œuvre est reconnaissable au premier coup d’oeil avec ses pipes, pommes, chapeaux melon, etc. Le passage de Magritte par la publicité lui avait appris comment condenser une image, la rendre frappante comme un slogan.

On aurait pu rappeler Magritte poète, ou révolté, ou plein d’humour vache. Le Centre Pompidou avec Didier Ottinger comme commissaire a réussi à nous fournir une nouvelle grille de lecture de l’œuvre : la philosophie. Si avoir choisi le fil philosophique paraît plus complexe, rassurez-vous, l’expo est limpide et très convaincante.

A nouveau, on est surpris. Philosophe ? Lui, le si turbulent jeune homme, et ensuite le petit bourgeois si conventionnel ? Les dernières années, il était à heure fixe à son chevalet, à 11h, retour d’être allé faire « pipisse au chien », il était envahi de manies que ses proches prenait pour de l’humour provocateur. Il n’apparaissait plus en public que sous l’aspect d’un homme figé dans ses costumes. Mais c’était un conformisme tactique, une manière de se fondre dans le paysage pour mieux le faire exploser.