On ne demandera pas à cette exposition ce qu'elle n'est pas. Elle n'est ni une sélection basée sur une vision de l'art, ni le top de la création belge contemporaine, ni un ensemble basé sur un concept ou une thématique. C'est un rassemblement d'une quarantaine d'artistes belges qui ont accepté de participer à une action caritative en faveur du fonds Georges Kamp qui vient en aide aux enfants atteints de cancer ou de leucémie. Le lieu est prêté gracieusement par la BBL, les frais sont pris en charge par quelques sponsors, les galeries sont de la partie et les bénéfices de la vente sont offerts au fonds.

Indépendamment de cet aspect, Act est aussi une bonne occasion de prendre contact avec ces représentants de l'art qui n'ont pas du tout lésiné sur la qualité et l'importance de l'oeuvre déposée. L'exposition se présente donc tel un panorama des plus éclectiques et de bonne tenue de la création actuelle en ses aspects vraiment contemporains.

Quelques aînés tels les Jacques Charlier, Leo Copers avec une oeuvre emblématique, Jacques Lizène auquel on associera en versant politique un Angel Vergara Santiago, Marthe Wéry avec une peinture verte déclinée dans la gamme de celles du palais royal, y sont allés généreusement. Et toutes les générations sont là, y compris la plus jeune qui offre des oeuvres nouvelles à découvrir. On appréciera ainsi la légèreté de la structure spatiale de Lionel Estève, les grands tableaux effacés de Alain Bornain, la vidéo-projection très réussie de Karin Marenne, la sphère en trompe l'oeil de Benoit Platéus, les grands dessins au stylo bille bleu de Patrick Guns s'engageant dans la figuration narrative, la série de dessins sur l'enfance de Sylvie Macias-Diaz; les oeuvres ludiques : les cibachromes de Koen Theys et les dessins de Michael Dans, et ces puzzles, très Nymphéas de Monet de Sophie Whettnall, ou ce corps démantelé de Johan Tahon. Décidément le jeune art de Belgique se porte bien.

La photo n'est pas en reste avec les oeuvres de Lucas Jodogne - du grand art -, de Jozef Legrand, de Hans Op de Beek et les autoportraits de Felten-Massinger, comme les noir et blanc conceptuels de Lukas Vandenabeele.

On ne manquera pas la peinture monumentale à la fois sobre et complexe de Yves Zurstrassen, ni celle presque uniformément blanche de Michel Mouffe, oeuvres auxquelles répondent de nouvelles avancées figuratives dont celles de Berend Hoekstra.

Les amateurs n'ont, de toute évidence, que l'embarras du choix.

Act, Espace culturel BBL, 6 place Royale, Bruxelles. Jusqu'au 22 déc. De 10 à 18h, me jusqu'à 21h. Cat. ill.

© La Libre Belgique 2002