Les Italiens se sont réveillés ce mercredi matin avec la mise en avant d'une polémique en Une de plusieurs journaux nationaux: un musée parisien va faire disparaître les chiffres romains de certaines œuvres d'art pour que le visiteur puisse "mieux les comprendre".

Une décision avec laquelle beaucoup ne sont pas d'accord, et certains n'hésitent pas à crier haut et fort au scandale. Les médias en premier.

Dans sa Une du jour, le quotidien romain Il Messaggero a tout simplement titré "La polémique : Louis XIV deviendra Louis 14". Le Corriere della Sera, l'un des plus grands quotidiens du pays, a publié quant à lui en première de couverture un commentaire pour le moins virulent de la part de son vice-directeur, Massimo Gramellini. Pour faire comprendre son mécontentement, ce dernier n'y va pas de main morte comme en témoigne cette phrase, par exemple : "Cette histoire des chiffres romains représente une synthèse parfaite de la catastrophe culturelle en cours : d’abord on n’enseigne pas les choses, puis on les élimine pour que ceux qui les ignorent ne se sentent pas mal à l’aise". Dans son papier, Massimo Gramellini met en avant une certaine distanciation avec l'apprentissage de la culture classique ."Comme toujours dans ces cas-là, les bonnes intentions suscitent doutes et controverses. Sommes-nous sûrs que la solution vis-à-vis des difficultés consiste à les effacer ? Le passage de ‘IV’ à ‘4’ devient le symbole du renoncement progressif à l’enseignement de la culture classique.”

Luciano Canfora, philologue classique qui est également l'un des grands spécialistes italiens de l'Antiquité, dénonce quant à lui une "stupidité" participant à "un fléau plus général, celui du politiquement correct".

"Un obstacle à la compréhension", estime le Musée Carnavalet

De son côté, le Musée Carnavalet qui est consacré à l'histoire de Paris, estime se rendre plus accessible en remplaçant les chiffres romains par des chiffres arabes. Agir de la sorte n'est cependant pas vraiment une première puisqu'il y a quelques années, le Louvre avait effacé de ses tablettes la numérotation romaine pour désigner les siècles, jugeant que ses millions de visiteurs, souvent étrangers, ignoraient sa signification. L'usage des chiffres romains pour les rois et les reines est quant à lui toujours bien présent.

"Nous ne sommes pas contre les chiffres romains, mais ils peuvent être un obstacle à la compréhension", a expliqué Noémie Giard, responsable du Musée Carnavalet, citée par Le Figaro en sous-entendant que les œuvres du musée ne sont pas comprises par tous à cause des chiffres romains.

La polémique enfle donc en Italie alors qu'en France, le sujet est passé inaperçu.