Soucieux de faire de Mons la véritable capitale culturelle de la Communauté française Wallonie-Bruxelles, le ministre des Arts, Richard Miller a signé un partenariat avec l'ULB pour l'organisation de trois expositions de prestige au Musée communal des Beaux-Arts de la cité du Doudou. C'est suite au refus de Pol Bury que la première de ces manifestations est consacrée aux encres de Gao Xingjian. Dotée d'un très confortable budget de 250000 euros, à vrai dire exceptionnel pour la Communauté française et pour une manifestation monographique sans production artistique, l'exposition a donc pris place au rez-de-chaussée du musée agencé pour la circonstance selon une scénographie de Winston Spriet... qui a visiblement fait ce qu'il a pu tant le lieu est ingrat pour ne pas dire davantage. Mais c'est temporaire, heureusement.

Une part importante de la somme allouée a d'ailleurs servi à divers aménagements bien indispensables pour les expositions à venir. Destinée à voyager en Europe, aux Etats-Unis et même au Japon, le ministre assure que la charge de cette itinérance est supportée par l'ULB, hors de l'actuel budget. Heureux de cette manne communautaire, le bourgmestre Elio Di Rupo n'a pas caché sa satisfaction et entend bien, de son côté, tout mettre en oeuvre pour que Mons mérite ce titre envié de capitale culturelle.

A cette fin, il nous a confirmé qu'une seule étape restait à franchir dans l'attribution des fonds européens pour le réaménagement et la réaffectation des anciens abattoirs, destinés à devenir un centre d'art voué aux manifestations temporaires.

Une autre part de ces fonds serait attribuée à de très importants travaux dans le musée des Beaux-Arts lui-même. Mais là, même si l'on s'accorde à dire que la partie façade est un chancre architectural, même si l'idée qui semble prévaloir est de réouvrir l'accès du musée par le parc situé actuellement à l'arrière, les projets architecturaux ne sont pas encore clairement définis.

Il est un autre point sur lequel les deux hommes politiques marquent leur accord: Mons devenant capitale culturelle, et en ce cas particulièrement capitale artistique, il convient de créer des synergies avec le reste de la région. Le Grand Hornu et le MAC's en priorité, mais aussi, les musées ou centres d'art de Mariemont, La Louvière, Charleroi (photographie) ainsi que le Pass. Cela correspondrait à une politique culturelle cohérente. Il paraît que c'est là un problème politique. Avis donc aux politiques qui souhaiteraient le résoudre.

© La Libre Belgique 2003