Cette liste Power 100 est le fruit de longues discussions en interne et avec un large panel mondial de 20 critiques et spécialistes de l’art.

Le résultat par 2020 est net: personne ne pourra dire que l’art contemporain est dans une niche, sourd aux turbulences du monde et aux aspirations à un monde plus juste. Au contraire, les contestations qui agite nos sociétés ont une énorme influence .

Alors que l’an dernier on avait encore en tête du classement Glenn D. Lowry, le directeur du MoMA et haut placées les grandes galeries comme David Zwirner ou Gagosian, tout est chamboulé cette année.

En tête, vient le mouvement Black Lives Matter qui a fait prendre conscience au monde de l’art des discriminations qui persistent. Le musée de Baltimore a vendu des oeuvres de sa collection pour acheter celles d’Afro-américains trop peu représentés.

#MeToo

Ce mouvement pour reconnaître une injustice raciale se retrouve dans tout le classement. En numéro 3, on a le duo de chercheurs Felwine Sarr et Bénédicte Savoy qui ont rédigé le rapport pour Macron préconisant une restitution d’oeuvres à l’Afrique. En n°5, le poète afro-américain Fred Moten, en n°6 et 16, les réalisateurs noirs Arthur Jafa et Steve McQueen, en n°8, la directrice du musée de Harlem Thelma Golden, en n°24, le grand penseur du postcolonialisme Achille Membé, en n°52, la photographe activiste sud-africaine Zanele Muholi.

Cela vaut aussi pour les rares personnalités belge qu’on a pu retrouver auparavant dans les classements d’Art Review, comme Luc Tuymans et Francis Alÿs. Cette année le seul, à la place n°67, est Sammy Baloji co-fondateur de la Biennale de Lubumbashi, Congolais mais qui travaille à Lubumbashi et à Bruxelles.

On note dans le classement, une même forte émergence des mouvements féministes et d’études du genre, avec #MeToo à la quatrième place, Judith Butler la grande théoricienne du genre en n°10 et le philosophe transgenre Paul B. Preciado en n°39. La moitié des cent personnalités de 2020 sont des femmes.

Les mouvements et penseurs qui luttent pour sauver la planète ne sont pas oubliés comme personnalités influençant le plus fortement le monde de l’art contemporain. En n°15, on trouve le collectif d’artistes Feral Atlas qui étudie l’anthropocène, et les philosophes Bruno Latour en n°47 et Dona Harraway en n°71.

Enfin, on voit émerger l’importance croissante des collectifs avec, en n°2, le collectif indonésien ruangrupa en charge de la prochaine Documenta à Kassel en 2022.