Anthony Quinn est mort

Anthony Quinn, l'un des derniers monstres sacré du cinéma américain d'après-guerre, est décédé dimanche matin à 86 ans après une carrière au cinéma et au théâtre longue de plus de soixante ans. Outre ses exploits au cinéma et au théâtre, Anthony Quinn a eu une vie privé eagitée, marquée par des divorces et liaisons tumultueuses. Il était père de 13enfants dont l'ainé à près de 60 ans et le plus jeune moins de dix ans.

Anthony Quinn est mort
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L'acteur Anthony Quinn, l'un des derniers monstres sacré du cinéma américain d'après-guerre, est décédé dimanche matin à 86 ans après une carrière au cinéma et au théâtre longue de plus de soixante ans, a-t-on appris de sources hospitalière et policière.

"Sa mort est survenue à l'hôpital Brigham and Women à Boston à environ 8h30 locales (12h30 GMT)", a déclaré un policier de Bristol, une commune de bord de mer de l'Etat de Rhode Island, où vivait l'acteur depuis plus de dix ans.

Quinn est né Antonio Quinones-Oaxaca le 21 avril 1915 à Chihuahua au Mexique. De sang mexicain et irlandais, il grandit aux Etats-Unis dans les quartiers pauvres de la banlieue de Los Angeles (Californie).

Outre ses exploits au cinéma et au théâtre, Anthony Quinn a une vie privée agitée, marquée par des divorces et liaisons tumultueuses. Il était père de 13 enfants dont l'ainé à près de 60 ans et le plus jeune moins de dix ans.

De large stature (il faisait 1,90 mètre), les paupières lourdes et la voix rauque, Quinn est devenu au cours de sa carrière le symbole du "macho", spécialiste des personnages orientaux et méditerranéens.

Grec dans "Zorba le Grec" (1964), il est Roumain dans "la 25ème heure" (1967), Italien dans "La Strada" (1954), bédouin dans "Lawrence d'Arabie" (1962) et...Mexicain dans "Viva Zapata" (1952).

C'est pourtant au théâtre que Quinn a connu ses premiers succès avec "Un tramway nommé désir" de Tennessee Williams, montée à Broadway à la fin des années 40. Des années de second rôle dans des westerns ne lui ont pas apporté la gloire en dépit de son mariage avec Katherine De Mille, la fille du célèbre producteur Cecil B. De Mille en 1937.

"Viva Zapata" en 1952, où il est Eufemio Zapata, le frère du célèbre célèbre révolutionnaire mexicain Emiliano Zapata joué par Marlon Brando, lui apporte enfin la reconnaissance du public et un Oscar de meilleur second rôle.

C'est ensuite une longue série de succès dont ressortent en particulier "La Strada" de Federico Fellini, où il est le "patron" d'un cirque miteux dont la seule richesse est le clown joué par Giulietta Masina, "La vie passionnée de Vincent Van Gogh" (1956) de Vincente Minneli où il est le peintre Gauguin.

La même année, il joue le monstre Quasimodo dans "Notre Dame de Paris", d'après le roman de Victor Hugo.

"Les Canons de Navarone" (1961), "Lawrence d'Arabie" (1962), "Zorba le Grec" (1964), "Cyclone à la Jamaïque" (1965) suivent, puis "La 25ème heure" d'Henri Verneuil en 1966. Sa carrière s'orientera ensuite vers des films et des rôles moins ambitieux mais il joue encore dans les années 90.

Il ne cache pas que la qualité n'est pas toujours le critère de ses choix. "Je joue pour gagner de l'argent", affirme-t-il, ajoutant: "L'argent, je peux m'en passer mais pas ma famille. Ils aiment le confort et cela coûte cher. Moi, je pourrais vivre avec seulement deux pantalons". Son rêve est de se retirer dans le désert pour faire de la sculpture. "Mais j'ai besoin d'argent pour mes femmes".

Car elles sont nombreuses. Il divorce de Katherine en 1956 et épouse en 1957 une costumière, Iolanda Addolori. De ces deux unions, naissent huit enfants, dont un décèdera accidentellement. Mais l'acteur a aussi ce qu'il appelle pudiquement des "accidents biologiques" dont naîtront cinq autres, portant sa progéniture à... treize enfants.

Pour son 80ème anniversaire en 1995, il les réunit tous alors que la plus âgée a 54 ans et la plus jeune 18 mois.

Cette vie tumultueuse fait souvent la Une de la presse à sensation, notamment lors de son divorce d'avec Iolanda en 1997, celle-ci l'accusant de violences domestiques.

Dans ses autobiographies écrites en 1972 (Le Péché Originel) et 1997 (Tango solo), il s'excuse auprès de ses femmes, maîtresses et enfants sans toutefois marquer beaucoup de remords.

"Quand quelqu'un m'ennuie, je m'en vais", assène-t-il, avant de confier que son principal regret et de ne pas avoir pu épouser son premier amour. "Elle avait 36 ans, j'en avais 18. J'étais trop jeune".


Ses principaux films : - "Parole" (Lew Landers/1936) - "The Milky Way" (Leo McCarey/1936 - "L'homme de la plaine" (The Plainsman) (Cecil B. DeMille/1936) - "L'étrange incident" (The Ox-Bow Incident) (William A. Wellman/1943) - "Buffalo Bill" (William A. Wellman/1944) - "Les flibustiers" (The Buccaneer) (Cecil B. DeMille/1958) - "La charge fantastique" (They Died with Their Boots On) (Raoul Walsh/1941) - "Le cygne noir" (The Black Swan) (Henry King/1942) - "Sinbad le marin" (Sinbad the Sailor) (Richard Wallace/1947) - "Viva Zapata" (Elia Kazan/1952) - "La Strada" (Federico Fellini/1954) - "La vie passionnée de Vincent Van Gogh" (Lust for Life) (Vincente Minnelli/1956) - "Notre-Dame de Paris" (Jean Delannoy/1956) - "Car sauvage est le vent" (Wild is The Wind) (George Cukor/1957) - "Le dernier train de Gun Hill" (Last Train From Gun Hill) (John Sturges/1959) - "L'homme aux colts d'or") (Warlock) (Edward Dmytryk/1959) - "Les canons de Navarone" (The Guns of Navarone) (J. Lee Thompson/1961) - "Lawrence d'Arabie" (Lawrence of Arabia) (David Lean/1962) - "Cyclone à la Jamaïque" (High Wind In Jamaica) (Alexander Mackendrick/1965) - "Zorba le Grec" (Zorba The Greek) (Michael Cacoyannis/1964) - "Les centurions" (Lost Command) (Mark Robson/1966) - "La 25ème heure" (The 25th hour) (Henri Verneuil/1967) - "Jésus de Nazareth" (Jesus of Nazareth) (Franco Zeffirelli/1977) - "Last Action Hero" (John McTiernan/1993) - "Les vendanges de feu" (A Walk in the Clouds) (Alfonso Arau/1995)