De Kill Bill à Kill Bush

Si pour Quentin Tarantino, le réalisateur de «Kill Bill» un bon film est une succession de coups de théâtre, alors le réalisateur américain peut être fier de son palmarès. Mais suffit-il d'accumuler les coups de théâtre pour réussir un film, un palmarès ?

FERNAND DENIS
De Kill Bill à Kill Bush
©AP

ENVOYÉ SPÉCIAL À CANNES

Si pour Quentin Tarantino, le réalisateur de «Kill Bill» un bon film est une succession de coups de théâtre, alors le réalisateur américain peut être fier de son palmarès. Mais suffit-il d'accumuler les coups de théâtre pour réussir un film, un palmarès?

C'est qu'on est allé de surprise en surprise, samedi soir, lors de la cérémonie de remise de la Palme d'or.

Le palmarès des surprises

Avec, pour commencer, le prix du jury attribué à une actrice, Irma P. Hall, celle qui vole la vedette à Tom Hanks dans «Ladykillers». On a cru que le Président s'était planté, emmêlé les fiches. Pas du tout, c'était juste un premier coup de théâtre.

Dédoublé, l'autre prix de jury est allé au premier film thaïlandais projeté en compétition à Cannes. Symptôme principal de cette «Tropical Malady»: l'ennui naïf. Le prix de la condescendance?

En attribuant le prix du scénario à Jaoui et Bacri, on donnait cette fois dans le cliché. Sans doute s'agissait-il avec «Comme une image» de rassurer l'assistance et de rendre d'autant plus spectaculaire le coup de théâtre suivant: «Exil», prix de la mise en scène. Deux acteurs qui surjouent, un récit entrecoupé d'inserts musicaux, une scène de transe interminable; Tony Gatlif est une personnalité attachante et généreuse mais qui a tendance à confondre mise en scène et hystérie.

On n'avait que l'embarras du choix pour les prix d'interprétation. Pourtant, ce n'est ni un favori ni un outsider, qui est sorti du chapeau, mais un des quatre enfants abandonnés du film «Nobody Knows». L'oeuvre du Japonais Kore-Eda cumulait les qualités. Celles de ses jeunes interprètes étaient évidentes, mais pourquoi en isoler un, pourquoi briser une fratrie, le sujet même du film?

Chez les femmes, Maggie Cheung décroche le prix pour une composition très sobre en junkie dans «Clean», petit film attachant d'Olivier Assayas. On est toutefois assez loin du magnétisme qu'elle exerçait dans «In the Mood for love», rôle tenu cette fois par Zhang Ziyi, exceptionnelle dans «2046», le film de Wong Kar-wai.

On ne l'attendait pas si haut -après tout, les surprises peuvent être bonnes aussi-, «Old Boy» s'est vu décerner le Grand Prix du jury, la médaille d'argent du festival. La filiation du cinéma du Coréen Park Cha-Wook avec celui de Tarantino est évidente, d'ailleurs l'élève a déjà dépassé le maître.

Le cinéma contre Bush

Restait, la surprise du chef, à la tête d'un jury qui comptait quatre Américains: la Palme d'or à Michael Moore. Là, il est assez clair que couronner «Fahrenheit 9/11» dépasse le cadre du cinéma, que le trophée récompense moins un documentaire qu'une charge anti-Bush, moins une oeuvre que l'impact qu'on entend lui donner. Elle célèbre le ralliement du cinéma non hollywoodien à la coalition contre Bush et entend le bombarder au napalm d'or.

Si le palmarès était complet, il restait tout de même une toute grosse surprise: les trois meilleurs longs métrages de ce 57e festival de Cannes ne s'y trouvaient pas: «La vie est un miracle», de Kusturica, «2046» de Wong Kar-wai et «Carnets de Voyage» de Walter Salles.

Mais, bon, ces films-là, c'est du cinéma!





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