Le miroir noir

Le réalisateur Andreas Gruber s'est mis plusieurs challenges sur le dos. Primo, tourner une comédie sur un sujet grave. Secundo, mener un récit avec trois personnages plus ou moins antipathiques. Tertio, montrer que tout va mal avec un film qui finit bien.

F.Ds

Le réalisateur Andreas Gruber s'est mis plusieurs challenges sur le dos. Primo, tourner une comédie sur un sujet grave. Secundo, mener un récit avec trois personnages plus ou moins antipathiques. Tertio, montrer que tout va mal avec un film qui finit bien.

POUR LE PRINCIPE

A la frontière autrichienne, des caméras hyper sophistiquées fouillent l'obscurité à la recherche de clandestins. Quand un petit groupe apparaît dans le champ, une meute de policiers se lance à leurs trousses. Au prix de 1.001 péripéties, un fuyard parvient néanmoins à leur échapper. Rosler, policier zélé, en fait un principe, il n'aura de cesse que de vouloir le rattraper, de le ramener lui-même dans son pays, le Ghana.

Toutefois, arrivé à Accra, Rosler va se retrouver face à face avec son frère jumeau black en quelque sorte, face à une sorte de miroir noir qui va retourner la situation. Après s'être fait confisqué ses papiers, voler sa carte de crédit, Rosler se retrouve dans la condition d'un étranger, sans le sou, dans un pays hostile, dans un univers dont il ne maîtrise aucune des composantes.

UNE SITUATION RENVERSÉE

En renversant la situation, Andreas Gruber espère livrer à la fois une bonne leçon et une comédie. Toutefois, il ne fait souvent qu'enfoncer des clichés et, animé par un esprit assez revanchard, il en tire finalement peu de rires, mais bien une sorte de plaisir sadique à voir le flic raciste déguster à son tour. Son partenaire mou n'attire pas davantage de sympathie, quant au clandestin -réfugié- rapatrié de force, il est assez insaisissable (par la force des événements, dira-t-on).

Il faut une bonne dose d'optimisme pour penser qu'à l'issue de leurs épreuves, nos trois compères se tomberont dans les bras. Mais, visiblement, Andreas Gruber n'en manque pas.

© La Libre Belgique 2006


Scénario & réalisation: Andreas Gruber. Image: Hermann Dunzendorfer. Musique : Peter Androsch. Montage: Guido Krajewski. Avec Georg Friedrich, Rainer Egger, Abdul Salis... 1 h49.

Sur le même sujet