Passe ton bac!

Au générique, Michel (Jacques Gamblin) court dans la pénombre, sans répit. Fuite éperdue, métaphore de la vie? Un réveil en sursaut le ramène à son quotidien, depuis vingt ans, dans une gerbe d'étincelles: contrôleur de qualité dans une usine de qualité. Mais ce jour-là, rien ne va: son fils Philippe a raté son bac et Michel a à peine digéré la nouvelle qu'il apprend que la maison mère, délocalisée en Hongrie, ferme les portes de l'entreprise.

A.Lo.

Au générique, Michel (Jacques Gamblin) court dans la pénombre, sans répit. Fuite éperdue, métaphore de la vie? Un réveil en sursaut le ramène à son quotidien, depuis vingt ans, dans une gerbe d'étincelles: contrôleur de qualité dans une usine de qualité. Mais ce jour-là, rien ne va: son fils Philippe a raté son bac et Michel a à peine digéré la nouvelle qu'il apprend que la maison mère, délocalisée en Hongrie, ferme les portes de l'entreprise.

Comme ses cinquante collègues, Michel se retrouve au chômage. Refusant de baisser les bras tout autant que de mener un combat syndical qu'il estime perdu d'avance, Michel, avec son copain Gérard (Kad Merad), prend son bâton de pèlerin et fait le tour des agences pour l'emploi. Pour découvrir que sans bac, point d'espoir. Alors, à quarante ans, il reprend le chemin du lycée avec Gérard et le soutien de son ancien directeur, Edmond (Rufus).

BONS SENTIMENTS

Comédie sociale douce- amère, «Les irréductibles» a un parfum pépère de Guediguian, parabole du combat ordinaire et de la jungle qu'est devenu le monde du travail. A l'heure du CPE mort-né, montrer un quadra s'acharnant à passer le bac n'est pas banal mais aussi un peu ridicule.

Le sujet, bourré de bons sentiments, frôle la caricature par instant, s'égare, aussi, sur la fin mais son casting -renforcé par une Valérie Kaprisky ici, une Anne Brochet là- y croit et parvient à imposer une certaine sincérité et sa modestie. Pour réussir à faire vivre des Français moyens ni forts en gueule ou en thème -ces irréductibles ne sont pas Gaulois-, mais bien assis sur leur dignité. Quelques bons dialogues font même rire de bon coeur entre deux ou trois scènes touchantes. Seule la mise en scène manque singulièrement d'inspiration.

Allez, 12 sur 20.

© La Libre Belgique 2006


Réalisation: Renaud Bertrand. Scénario: Marc Herpoux & Sébastien Thibaudeau. Photographie: Marc Koninckx. Avec Jacques Gamblin, Kad Merad, Anne Brochet, Rufus... 1 h45.

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