Stallone remonte sur le ring

A 60 ans, Sylvester Stallone retrouve le personnage qui l'a rendu populaire pour boucler la boucle de la saga et revenir à l'esprit original. S'il y a quelque chose de pathétique de voir Rocky remonter sur le ring, l'acteur/réalisateur l'assume complètement. Livrant un film quasi autobiographique, il se montre attachant dans sa volonté de retrouver une popularité envolée. Dommage que ses accès de nostalgie virent trop souvent au gnangnan... 1 h 42.

H. H.
Stallone remonte sur le ring
©D.R.

En 1975, Sylvester Stallone a 29 ans et sa carrière peine à décoller... Il décide alors de s'écrire un rôle sur mesure, celui d'un boxeur de seconde zone de Philadelphie qui se rêve champion du monde. Contre vents et marées, Stallone réussit à imposer son script et son casting aux studios... Une légende est née. On connaît la suite, l'acteur prendra la casquette de réalisateur pour construire, au fil des épisodes, une véritable saga officiellement achevée en 1990 avec un "RockyV" de triste mémoire...

Le parallèle entre Rocky et Stallone est frappant. Comme son héros, l'acteur a conquis des sommets de popularité avant de sombrer doucement dans un demi-oubli, multipliant les échecs... Quoi de mieux pour casser cet engrenage que de signer un come-back retentissant en repartant à zéro et en offrant à son personnage le plus populaire une fin digne de ce nom - il fera de même l'année prochaine avec Rambo, dont il réalisera le quatrième volet. C'est ainsi qu'à 60 ans, Stallone réenfile son short et ses gants pour un ultime tour de piste, pour goûter une dernière fois à la chaleur des spotlights...

A la retraite depuis bien longtemps, Rocky Balboa vit dans une petite maison des quartiers populaires de Philadelphie. Patron d'un resto italien, l'ancienne star passe ses soirées à raconter ses souvenirs de ring à ses clients. Inconsolable de la mort de sa femme Adrienne, Rocky vit dans le passé, s'enfermant toujours un peu plus dans ses souvenirs. Au point de se détacher de son fils et du fidèle Paulie... Mais quand une émission de télévision l'oppose virtuellement au jeune champion du monde en titre, Mason Dixon, cela a le don de lui donner des idées et l'envie de se battre à nouveau...

UN PATHÉTIQUE ASSUMÉ

Il y a évidemment quelque chose de pathétique de voir un boxeur de 60 ans retourner à l'entraînement en rêvant de défier la jeune garde. D'autant plus pathétique que l'identification entre Stallone et Rocky n'a jamais été aussi forte. Comme lui, l'acteur rêve visiblement de goûter à nouveau au succès, retrouver sa jeunesse. Cela transparaît dans tous les aspects de ce sixième épisode conçu comme un retour aux sources...

Sobrement intitulé "Rocky Balboa" et nom "Rocky VI", le film se présente comme une sorte de calque du premier volet - jusqu'à rejouer quelques scènes célèbres, celles de l'abattoir ou de la course sur les marches... Il souffle d'ailleurs ici un esprit très seventies. Dommage que, dans sa volonté affichée de jouer la carte de la nostalgie, le réalisateur ne fasse parfois pas dans la dentelle, multipliant les flash-back vraiment gnangnans ou abusant de la déclinaison romantique au piano du célèbre thème musical de Bill Conti...


Scénario & réalisation : Sylvester Stallone. Photographie : J. Clark Mathis. Musique : Bill Conti. Montage : Sean Albertson. Avec Sylvester Stallone, Burt Young, Milo Ventimiglia, Geraldine Hughes, Talia Shire... 1 h 42.