Les conséquences de l'amour

La cinquantaine, un homme vit en permanence dans un confortable hôtel suisse où il ne parle à personne. Il n'a pas de souci d'argent, quant aux autres, on les ignore. Paolo Sorrentino tient en haleine 1h40 avec cet individu dont les journées passent à observer les autres et à nous faire partager ses observations avec sa voix intérieure. C'est dire le tour de force de ce jeune réalisateur italien qui livre un film palpitant en cadrant un visage impénétrable. C'est, en quelque sorte, la version italienne de "The man who wasn't there", le portrait d'un homme vivant à côté de sa vie. L'influence des Coen est sensible, car, enfermé dans son hôtel, on pense forcément à "Barton Fink". A l'affût du moindre indice, le spectateur scrute les mouvements de la caméra, véritable pinceau qui s'acharne à donner du relief et des couleurs à cette existence lisse et grise comme la porte d'un coffre. Quel secret y est enfermé ? Quel effet lui fait la barmaid ? Ces questions suffisent à Sorrentino pour ficeler un vrai thriller qui est aussi un mélodrame froid mais intense. Le jury resta insensible, en 2004, à ce film noir minimaliste, d'une rare élégance. Sélectionné de nouveau, en 2006, avec "L'ami de la famille", qui explore toujours la face obscure de l'être, il fut encore oublié par le palmarès. N'attendez pas la palme pour découvrir Paolo Sorrentino. (F.Ds) (Home Screen)

La cinquantaine, un homme vit en permanence dans un confortable hôtel suisse où il ne parle à personne. Il n'a pas de souci d'argent, quant aux autres, on les ignore. Paolo Sorrentino tient en haleine 1h40 avec cet individu dont les journées passent à observer les autres et à nous faire partager ses observations avec sa voix intérieure. C'est dire le tour de force de ce jeune réalisateur italien qui livre un film palpitant en cadrant un visage impénétrable. C'est, en quelque sorte, la version italienne de "The man who wasn't there", le portrait d'un homme vivant à côté de sa vie. L'influence des Coen est sensible, car, enfermé dans son hôtel, on pense forcément à "Barton Fink". A l'affût du moindre indice, le spectateur scrute les mouvements de la caméra, véritable pinceau qui s'acharne à donner du relief et des couleurs à cette existence lisse et grise comme la porte d'un coffre. Quel secret y est enfermé ? Quel effet lui fait la barmaid ? Ces questions suffisent à Sorrentino pour ficeler un vrai thriller qui est aussi un mélodrame froid mais intense. Le jury resta insensible, en 2004, à ce film noir minimaliste, d'une rare élégance. Sélectionné de nouveau, en 2006, avec "L'ami de la famille", qui explore toujours la face obscure de l'être, il fut encore oublié par le palmarès. N'attendez pas la palme pour découvrir Paolo Sorrentino. (F.Ds) (Home Screen)

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