There Will Be Blood

Adaptant librement un roman d'Upton Sinclair, Paul Thomas Anderson ("Magnolia") livre son chef-d'œuvre et l'un des films les plus impressionnants de l'année, même s'il fut boudé par les Oscars qui ne lui offrirent "que" la statuette du meilleur acteur pour la composition hallucinée de Daniel Day-Lewis en prospecteur de pétrole dans la Californie du tournant du siècle dernier. Le festival de Berlin s'était montré plus généreux en décernant au film l'Ours d'argent du meilleur réalisateur, mais aussi celui de la meilleure contribution artistique à Johnny Greenwood, auteur d'une bande-son époustouflante. En composant une série de plages électros sombres, à la limite de la musique expérimentale, le guitariste de Radiohead tourne le dos au lyrisme visuel d'Anderson, confère au film non seulement une modernité, mais une profondeur à la hauteur de son propos. "There Will Be Blood" - à la reconstitution minutieuse, comme le montre le court bonus - est, en effet, la "Naissance d'une nation" de PTA, le réalisateur mettant en lumière les bases sur lesquelles s'est construit un capitalisme américain aujourd'hui en déroute : pétrole, argent et religion. Ou une plongée prémonitoire au cœur du cauchemar américain à travers la destinée d'un homme rendu fou par la cupidité. Simplement génial !

Adaptant librement un roman d'Upton Sinclair, Paul Thomas Anderson ("Magnolia") livre son chef-d'œuvre et l'un des films les plus impressionnants de l'année, même s'il fut boudé par les Oscars qui ne lui offrirent "que" la statuette du meilleur acteur pour la composition hallucinée de Daniel Day-Lewis en prospecteur de pétrole dans la Californie du tournant du siècle dernier. Le festival de Berlin s'était montré plus généreux en décernant au film l'Ours d'argent du meilleur réalisateur, mais aussi celui de la meilleure contribution artistique à Johnny Greenwood, auteur d'une bande-son époustouflante. En composant une série de plages électros sombres, à la limite de la musique expérimentale, le guitariste de Radiohead tourne le dos au lyrisme visuel d'Anderson, confère au film non seulement une modernité, mais une profondeur à la hauteur de son propos. "There Will Be Blood" - à la reconstitution minutieuse, comme le montre le court bonus - est, en effet, la "Naissance d'une nation" de PTA, le réalisateur mettant en lumière les bases sur lesquelles s'est construit un capitalisme américain aujourd'hui en déroute : pétrole, argent et religion. Ou une plongée prémonitoire au cœur du cauchemar américain à travers la destinée d'un homme rendu fou par la cupidité. Simplement génial ! (H. H.) (Buena Vista)