Sous la protection de l’Europe

Des embarcations bourrées de clandestins épuisés, quand ils n’arrivent pas morts : telles sont les images qui, de la manière la plus frappante qui soit, illustrent depuis quelques années déjà le drame de l’asile et de l’immigration aux frontières méridionales de l’Europe.

Sabine Verhest

Des embarcations bourrées de clandestins épuisés, quand ils n’arrivent pas morts : telles sont les images qui, de la manière la plus frappante qui soit, illustrent depuis quelques années déjà le drame de l’asile et de l’immigration aux frontières méridionales de l’Europe. Lundi soir encore, les garde-côtes italiens ont intercepté un bateau chargé de 210 clandestins au large de la Sicile. Lampedusa, Malte ou Gran Canaria, autant de noms qui résonnent comme un eldorado au sortir de l’enfer, malgré les conditions d’accueil parfois déplorables en raison notamment de l’afflux d’arrivants. Ce week-end encore, quelque 300 clandestins ont débarqué sur la minuscule Lampedusa, tandis que, lundi, 500 migrants ont tenté de s’échapper du centre fermé de Safi à Malte, bloqués par les forces antiémeutes.

Plus de 67 000 personnes ont traversé la Méditerranée pour demander l’asile en 2008, dont plus de la moitié sont arrivées en Italie et à Malte. Le nombre des demandeurs en Europe a augmenté de 13 pc l’année dernière pour atteindre les 289 790, dont 238 080 dans l’Union, selon les statistiques rendues publiques mardi par le Haut commissariat de l’Onu pour les réfugiés. En chiffres absolus, c’est la France qui a reçu le plus demandes, soit 35 160, en augmentation de 20 pc. Mais les disparités restent fortes parmi les Vingt-sept. Moins de personnes ont frappé aux portes de la Suède (- 33 pc), dont "des politiques plus restrictives ont conduit à une baisse de 67 pc du nombre des demandes d’asile déposées par des Irakiens entre 2007 et 2008", et de la Grèce (- 21 pc). Elles ont en revanche particulièrement augmenté en Finlande (+ 181 pc), qui accueille les Irakiens échaudés par la Suède, et en Italie (+ 121 pc).

Le commissaire européen Jacques Barrot a appelé vendredi les pays de l’Union à se montrer "plus solidaires" et les migrants à comprendre "que nos pays traversent en ce moment une crise grave". Il n’en demeure pas moins que, selon la Convention de Genève et une directive européenne sur le statut de réfugié, une personne qui a droit à une protection internationale doit l’obtenir. Crise économique ou pas.

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