Bénabar au pays des nanars

Un chanteur au lent usurpé voit débarquer l’ami qu’il croyait mort à qui il a piqué toutes ses chansons. Bénabar fait ses premiers pas à l’écran sur un vieux canevas de vaudeville. Franck Dubosc fait quelques ronds de jambe pour apater le chaland. Le chanteur démontre un talent d’acteur inattendu, mais ne peut récupérer tout seul les fausses notes de la partition. 1h34. Regardez la bande-annonce du film

A.Lo.
Bénabar au pays des nanars
©D.R.

Mode d’emploi du parfait film formaté pour passage en prime time à la télé : prenez une tronche connue du grand public (Franck Dubosc) et une idole des jeunes (Bénabar), laissez mariner dans un appartement, et ressortez un canevas de vaudeville pour lier.

Au grand écran - mais déclinable sur tous les formats, moyens, petits et portables, avec pause pour pipi et insertion publicitaire -, cela donne Lucas, imposteur pop star, qui voit ressurgir d’Inde Thomas (Jocelyn Quivrin), le pote des années guitare à qui il a piqué toutes ses chansons et qu’il croyait mort dans un nuage de stupéfiants. A la veille de l’Olympia, son sourire sur toutes les colonnes Morris de Paris, Lucas doit donc éviter que l’ami ressuscité ne découvre la supercherie s’il ne veut pas perdre amour et gloire en beauté.

A partir de là, on peut, plan-plan, dérouler quiproquos et humour à deux balles. En chômeur-squatteur professionnel, Dubosc fait le Franck en parasite professionnel (et plus horripilant que nature), tandis que François Damiens fait le Belge et Virginie Hocq le crapaud. Chacun sa place, donc.

Seul surprend Bénabar. Si le cuir du rôle lui paraît a priori taillé sur mesure, le chanteur se révèle plutôt bon acteur dans tous les registres. Malheureusement pour lui, tout le reste est loin d’être dénué de fausses notes. Restera une scène d’anthologie : celle où Lucas, en panne d’inspiration, singe à tour de rôle les pointures de la chanson française - avec un hommage à point nommé à Bashung et un pied de nez à Manu Chao. A peine de quoi sauver Bénabar du nanar.


Réalisation : Eric Lavaine. Scénario : Eric Lavaine, Héctor Cabello Reyes, Bénabar. Photographie : Stéphane Cami. Montage : Vincent Zuffranieri. Musique : Bénabar. Avec Bénabar, Franck Dubosc, Jocelyn Quivrin, Isabelle Nanty, 1h34.

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