"Home", tout de suite à la maison

Home", de Yann Arthus-Bertrand, sort en salles ce vendredi 5 juin, au même moment que sa diffusion gratuite en télévision et sur Internet et que sa distribution en DVD. Luc Besson, producteur du film, se fendait en février d’une tribune dans "Le Monde" pour dénoncer le piratage des films. "Home" en images10 ans pour sauver la Terre Regardez un extrait du film

A. Lo.
"Home", tout de suite à la maison
©D.R.

Home", de Yann Arthus-Bertrand, sort en salles ce vendredi 5 juin, au même moment que sa diffusion gratuite en télévision et sur Internet et que sa distribution en DVD. Luc Besson, producteur du film, se fendait en février d’une tribune dans "Le Monde" pour dénoncer le piratage des films. L’apparente contradiction n’en est pas une : on peut déclarer la guerre aux pirates et aux sites de téléchargement tout en comprenant que ceux-ci répondent à une demande. Cela ne signifie pas la mort de la salle pour autant : ces dernières années, alors que le piratage ne cessait d’augmenter, que les chaînes de télévision thématiques se multipliaient, la fréquentation des salles a suivi une courbe ascendante.

Au Festival de Cannes, cette année, on constatait que, si crise il y a dans la distribution, c’est parce que les modèles de celle-ci sont archaïques. Fini la trinité salle-télé-DVD. Les deux derniers canaux sont en perte de vitesse. L’arrivée d’un opérateur de téléphonie mobile, Orange, comme partenaire du Festival, a marqué une étape symbolique : fini le temps où Canal + faisait la pluie et le beau temps du cinéma en France. Studio 37, filiale d’Orange, produit des films (trois étaient présents dans les sélections cannoises).

Et il est clair que ceux-ci ne sont pas destinés qu’aux salles ou aux télévisions : on doit pouvoir les voir aussi sur écran portable.

Il y a trois ans déjà, les studios Warner Bros, Universal, Sony, Paramount, Twentieth Century Fox et MGM annonçaient leur intention de vendre leurs films en ligne via le site Internet Movielink (qu’ils avaient créé en 2002). Annonce, sans doute quelque peu prématurée, de la mort du DVD au profit de la VàD (vidéo à la demande). Depuis, on a assisté à quelques expériences. On a pu, en 2004, ne pas faire grand cas de la ressortie simultanée en DVD et dans les salles de la version restaurée du "Metropolis" de Fritz Lang : c’était un classique qui avait sa carrière derrière lui Plus audacieuse fut la diffusion sur trois canaux différents (salles, DVD et VàD) du "Bubble" de Steven Soderbergh en 2006. Un échec. Mais on n’était pas, non plus, en présence d’un film grand public. "The Road to Guantanamo", de Michael Winterbottom et Mat Whitecross, a utilisé la même méthode. Pour ce docu-fiction dénonçant l’internement arbitraire de trois Britanniques à la prison de Guantanamo, il s’agissait de toucher le plus grand nombre - une démarche activiste proche de celle revendiquée pour "Home".

A ceux qui auraient encore des doutes, on citera Robert Iger, président de Disney, pour qui la bonne santé du cinéma passe désormais par une sortie simultanée des films dans les salles et sur support domestique. Peu importe la religion de chacun (et, notamment, celle des distributeurs et des exploitants), le marché dictera sa loi : les (gros) producteurs iront chercher les spectateurs où qu’ils soient : dans les salles, derrière leur télévision ou leurs écrans portables

Home, de Yann Arthus-Bertrand - La Libre.be
La terre «en danger» filmée du ciel.

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