Il était une triste fin

Il était une triste fin : le bras de l’ogre vert est actionné comme un jackpot. Shrek a la nostalgie du temps où il faisait peur à tout le monde. Alors un elfe le renvoie dans le passé et Shrek passe le film à ce que tout redevienne comme avant. Et à ramasser la mise une quatrième fois. Regardez la bande-annonce

F.Ds
Il était une triste fin
©D.R.

Triste fin pour Shrek. L’ogre vert avait enthousiasmé le monde de l’animation, il en avait redessiné les contours avec de l’humour et de l’audace et en brisant quelques tabous sur le bon goût et les canons de la beauté. Bref, celui qui avait "dédisneyfié" le dessin animé hollywoodien se retrouve aujourd’hui échoué comme un cachalot sur une plage BP. Pour quelques millions de dollars de plus.

Déjà, "Shrek 3" sentait l’usure mais il y avait encore une idée, celle formidable des "laissés pour conte", tous ces capitaine Crochet, ces méchants des histoires pour enfants qui rêvaient de prendre leur revanche. "Shrek 4" n’a plus d’idée. Son unique raison d’être est commerciale et son atout est un gadget, les lunettes 3D.

Shrek et Fiona sont donc heureux avec leurs trois enfants. Mais leur bonheur est sans histoire et forcément un peu routinier. Alors Shrek a la nostalgie du bon temps où il faisait peur à tout le monde, le temps de sa vie de garçon d’avant Fiona. C’est alors qu’entre en scène, venu de nulle part, l’elfe Tracasssin qui lui propose un deal : revivre un jour d’avant. Soit un retour vers le futur qui va voir Shrek s’activer pour que tout redevienne, comme avant : refaire ami-ami avec Donkey, mater le dragon et donner le baiser d’amour à Fiona.

Comment combattre la routine ? Le sujet n’est pas neuf mais l’animation lui offre des possibilités. Des possibilités qui restent entières car notre réalisateur se contente d’un sempiternel affrontement entre des bons — une armée d’ogres — et des méchants, un bataillon de sorcières. Le ballet des balais est chargé de faire de l’effet en 3D. Il faudra se contenter de cela et ne surtout pas s’imaginer qu’on va bien rigoler car les occasions sont rares.

Un mauvais film en 2D ne devient pas meilleur en relief.


Réalisation : Mike Mitchell. Avec les voix de Mike Myers, Eddie Murphy 1h23