Jaco Van Dormael impose sa version pour le DVD de "Mr Nobody"

Il y a un an, "Mr Nobody" arrivait enfin sur les écrans, ceux du festival de Venise, en l’occurrence. C’était le début d’un tour du monde où il a connu des fortunes diverses.

Jaco Van Dormael impose sa version pour le DVD de "Mr Nobody"
©Chantal Thomine Desmazures
F.Ds

Il y a un an, "Mr Nobody" arrivait enfin sur les écrans, ceux du festival de Venise, en l’occurrence. C’était le début d’un tour du monde où il a connu des fortunes diverses. Si le film a très bien marché en Belgique, frôlant la barre des 100 000 entrées, il s’est planté en France. Si ce voyage planétaire est loin d’être terminé, il est désormais disponible en DVD en Belgique, en édition simple et en édition limitée avec bonus. Les deux réservent une surprise de taille : la version DVD n’est pas celle que le spectateur a vue en salles, mais bien le director’s cut, plus long de 12 minutes. Une façon pour l’auteur d’imposer ce qui est la version définitive à ses yeux. "Mr Nobody" n’est pas fondamentalement transformé, mais cette version rencontre le regret qu’on éprouvait en salles, celui du manque de chair de certains personnages, insuffisamment développés. Et notamment le père de Némo, dont on comprend, cette fois, les raisons de sa dépression. Rhys Ifans, son interprète, est d’ailleurs la vedette de l’édition avec bonus. Il assure, en effet, la visite du studio de tournage et de ses différents départements, émerveillé par le sens du détail. Car dans ce film sur le hasard, rien n’est laissé au hasard. Et il faut bien le making of pour prendre conscience que la réalisation de certains détails a parfois demandé des mois de travail pour quelques secondes à l’écran. Il en va ainsi des recherches pour imaginer à quoi ressemblera un voyage en hibernation jusque Mars : dans quelle position, avec quels vêtements ?

Le makin of porte bien son nom, car si Jaco van Dormael y exprime ses intentions, l’essentiel du documentaire expose la fabrication du film. Sa grammaire visuelle, par exemple. Ainsi, Elise, Jeanne et Anna sont identifiées par une couleur, mais aussi par une façon d’être filmée suivant un style correspondant aux caractéristiques de chacune.

C’est une véritable leçon de cinéma où l’on montre les outils à la disposition du cinéaste. Ainsi, pour la séquence clef du quai au cours de laquelle Némo est confronté au choix impossible, entre son père et sa mère; Jaco utilise tour à tour un très long travelling sur rails, la steadycam, la caméra à l’épaule, la caméra fixée au train et la grue. Et par la magie du split screen, on peut voir à la fois l’appareil en mouvement, la grue, par exemple, et le résultat à l’écran. C’est donc une initiation à la mise en scène, délivrée par le réalisateur et son directeur photo. Christophe Beaucarne révèle, d’ailleurs, le secret d’un des plans les plus mystérieux du film lorsque Jared Leto entre dans la salle de bains, se regarde dans le miroir et puis le traverse, de façon tellement naturelle, qu’on ne s’en rend absolument pas compte à la première vision.

Enfin, en guise de cadeau et d’hommage aussi, on trouve un troisième disque, un CD contenant les musiques du regretté Pierre Van Dormael, composées pour les films de son frère.

Film virtuose, "Mr Nobody" ne s’épuise pas en une vision. A chaque nouvelle projection, on est surpris, amusé, enchanté de découvrir de nouveaux détails de cette œuvre vertigineuse.

"Mr Nobody", édition simple 1DVD - Edition limitée 2 DVD et 1 CD (Belga Home Video).