Qui a volé l’orange de Jaffa ?

Tout le monde connaît l’orange de Jaffa, sucrée et juteuse. Mais cet agrume rond à la couleur chatoyante est bien plus qu’un simple fruit sur ses terres d’origine. C’est aussi un symbole, qui porte son lot de significations, iconographiques, historiques et humaines. Car l’histoire de la Palestine et d’Isräel s’articule autour de représentations, d’images, de clichés. Et parmi tous les symboles, partisans et opposés, un seul est commun aux deux peuples : l’orange. Retracer l’histoire des oranges de Jaffa, c’est donc aussi raconter celle de cette terre, habitée, cultivée, aimée par les Palestiniens, puis confisquée par le gouvernement israélien.

Stéphanie Grofils

Tout le monde connaît l’orange de Jaffa, sucrée et juteuse. Mais cet agrume rond à la couleur chatoyante est bien plus qu’un simple fruit sur ses terres d’origine. C’est aussi un symbole, qui porte son lot de significations, iconographiques, historiques et humaines. Car l’histoire de la Palestine et d’Isräel s’articule autour de représentations, d’images, de clichés. Et parmi tous les symboles, partisans et opposés, un seul est commun aux deux peuples : l’orange. Retracer l’histoire des oranges de Jaffa, c’est donc aussi raconter celle de cette terre, habitée, cultivée, aimée par les Palestiniens, puis confisquée par le gouvernement israélien.

Eyal Sivan montre comment les Israéliens ont bénéficié du savoir et de l’expérience des arabes dans les orangeraies, avant de les chasser de leurs terres et de s’approprier l’orange de Jaffa qui devient le symbole des produits de la colonisation. Eyal Sivan raconte cette "mécanique de l’orange" à travers de nombreuses images d’archives, confrontées aux témoignages percutants d’interlocuteurs, palestiniens ou israéliens, historiens, écrivains, chercheurs Et ce que l’on voit est d’un autre temps. Lorsque, dans les années 1920, Arabes et Juifs, travaillaient ensemble dans les orangeraies, et vivant cette expérience partagée en harmonie. Jaffa, et sa célèbre orange, exportée en Europe et ailleurs, est alors le symbole de la coopération entre juifs et arabes. Une collaboration qui a été évacuée de la mémoire collective. Les Juifs ne possédaient alors que 8 % des terres, et les paysans palestiniens transmettaient leur savoir et leur savoir faire sur les orangeraies aux Juifs, sans deviner que "leurs élèves seraient les colonisateurs de demain." En 1948, Jaffa est détruite par près de 4000 bombes. Sur les 85000 arabes qui y vivaient, il n’en restera plus que 3000. Le gouvernement israélien confisque les orangeraies et s’approprie l’orange de Jaffa. C’est la rupture. Le Juif prend les oranges chasse les arabes, pour ensuite mobiliser les campagnes de propagande de la prospérité qui fait d’une terre arabe désertique et à l’abandon, un oasis juif où fructifient les orangeraies. C’est le rêve colonial : produire des oranges que l’Orient envoie en Occident. Et l’image véhiculée est celle des propriétaires juifs modernes, qui ont redonné vie aux champs d’agrumes. Les femmes sont en shorts, le sourire aux lèvres "Coca-cola était à la boisson ce que Jaffa était aux fruits" Le documentaire d’Eyal Sivan fait de l’orange de Jaff le point d’ancrage et le symbole de l’appropriation de l’image, puis des terres de Palestine par les Israéliens, à partir de 1948. un r^e colonial : produire des oranges que l’Orient envoie en occident. Montre les propriétaires juifs modernes. Jaffa a effacé jaffa. les orangeraies pa arabes sont tombées dans les oubliettes du conflit israelo-palestinien. Aujourd’hui, Jaffa, c’est israël. Et l’orange est un symbole qui sert à expliquer le devenir de la Palestine et de son peuple délocalisé Propagande la volonté des Palestiniens reste de retourner jusque jaffa. présence de l’orange volée, sur une terre volée. l’image de l’orange devient alors le symbole d’une agression.. la métaphore d’un monde détruit et d’une préparation de vengence. promesse d’avenir : La richesse de "jaffa, la mécanique de l’orange" c’est aussi et surtout l’intérêt de ses témoignages, devant des images d’archives qui les images d’archives et Et l’orange de devenir un symbole de l’idéologie sioniste. Pour les Palestiniens, l’orange de Jaffa devient, en revanche, le symbole d’une aggression et d’une terre qu’ils se sont promis de reconquérir. e documentaire d’Eyal Sivan raconte en images d’archives et en témoignages l

L’orange de Jaffa sert de trame pour raconter une facette de la vie commune judéo-arabe en Palestine, le récit d’une convoitise coloniale, l’histoire d’un effacement, d’une nationalisation, puis d’une négation et, peut-être un jour, la genèse d’une histoire commune. Car ce superbe devoir de mémoire devrait servir à construire le présent. Reste à voir si cela portera un jour ses fruits.

Notes :

aux commentateurs : les témoins de l’industrie les ouvriers et tout.

C’est dans les archives qu’il y a l’histoire. Et l’archive pour moi n’existe qu’à partir du moment où on commence à la travailler. Autour de l’orange, il y a beaucoup de projections mentales, et je pouvais en faire un dispositif cinématographique. Lors des interviews, je n’ai pas posé de questions. Les témoignages sont nés des projections. : l’image d’archive, la photo, la peinture .

C’est aussi rappeler à la conscience collective qu’une image

Réalisateur : Eyal Sivan. Durée : 1h30.