Un "mytho film"

Moussa, Nico et Karim, trois jeunes de la banlieue parisienne en ont assez de mariner dans le jus de la cité et se mettent en quête d’un avenir qui rapporte : la garde rapprochée d’un princesse belge, une fois ! Au final, un film bourrés de clichés (sur la banlieue, la belgitude, l’immigration...) Moins bien que “Bodyguard”, vraiment moins bien, même. 1h29

Un "mytho film"
©n.d
A.V.

L’idée n’était sans doute pas si mauvaise de faire un film sur ce concept du parler jeune, "le mytho", qu’on découvre à l’instar de ce film (un bon point, un). On s’explique : quand tu te balades avec un sac Gucci ou un sac Chanel et que t’es de la banlieue parisienne, c’est que c’est forcément un "mytho-Gucci" ou "mytho-Chanel". Si la BO du film développe le "mytho concept" avec humour - "à ceux qui, quand ils vont au resto chinois, disent: je préfère les baguettes, parce que c’est plus pratique pour moi" -, on comprend qu’il est plus facile de tenir trois minutes qu’une heure trente avec ledit concept. "Les Mythos", c’est l’histoire de trois petits gars de banlieue, gentils tout plein, qui s’ennuient à cent francs de l’heure, car socialement rejetés, mais qui aimeraient sortir de la cité, par le biais de la réussite financière (originalité du scénario : 3/10). Soit un type dodu pas dégrossi qui aime le tunning, un benêt black chevelu et un beur introverti, mais maîtrisant à peu près correctement la langue de Molière, détail important qui souligne la tentative d’intégration des populations issues de l’immigration (fraîcheur du casting : 2,5/10). Les jeunes gens, pas finauds mais rigolos, arrivent néanmoins à se faire passer pour des gardes du corps à la suite d’une arnaque téléphonique (élément narratif modificateur : 2/10), et ce, auprès d’une jeune princesse belge, riche, et donc superficielle (utilisation éculée du cliché : -10 points), avec accent belge faux et intermittent (caution belge : 1/10). Conclusion : "fondamentaux" du cinéma non maîtrisés, tout est à revoir.

Mais qu’apprend-on grâce aux "Mythos" ? Grâce à ce film, et prenez des notes, parce que les infos pleuvent, on apprend que la princesse belge dit "nonante" et "essoui" (un essuie complètement hors contexte, vu le scénario), que les riches sont des pourris maniganceurs (hein, hein), que les pauvres ont l’esprit de solidarité (ouais !), que les méchants roulent en BMW surpuissante (vroum), que les riches princesses font plein de courses dans les boutiques chics (ah là là), mais que, finalement, l’habit ne fait pas le moine (sur fond de musique douce). Et, touche finale, que les beurs pauvres et les blanches riches ont un avenir ensemble. Plus que çà, on sèche. Mais pour compléter cet enseignement, on file revoir "Bodyguard" avec Kevin et Withney, pour approfondir les notions fondamentales de bien et de mal.


Les Mythos Réalisation : Denis Thybaud, avec Stéphanie Crayencour, Ralph Amoussou 1h24.