Vert de Terre

Et hop ! Un nouveau super-héros ringard qu’on tente de dépoussiérer. Les Green Lantern sont les casques bleus de l’espace. Et ils n’ont rien trouvé de mieux que de recruter un terrien tête brûlée pour faire face à une espèce de Voldemort intersidéral. N’étaient les effets spéciaux numériques, ça ressemble à un vieux Superman, période Christopher Reeve. 1h54 (A.Lo.) (LLC n° 31)

A.Lo.
Vert de Terre
©Warner Bros

Dans ce qui constitue désormais la livraison estivale de films de super-héros, Green Lantern, moins célèbre que ses "collègues" de DC Comics Superman et Batman ou que ses concurrents de la Marvel X-Men et Captain America, fait un petit peu figure d’outsider. Un statut qu’il risque de conserver, tant cette adaptation par Martin Campbell reste bien en deçà des enjeux cosmiques qu’elle dépeint, malgré des effets spéciaux très réussis.

Pilote d’essai tête brûlée et vaguement hanté par le souvenir de la mort de son père, Hal Jordan (Ryan Reynolds) est choisi parmi sept milliards d’humains pour être le successeur d’Abin Sur, un extraterrestre membre du Corps des Green Lantern. Ces "tuniques vertes" sont, en quelque sorte, les casques bleus de l’espace, chargés de protéger l’harmonie et la paix galactiques. Le moment pour Hal de faire ses classes est particulièrement crucial, puisque vient de ressusciter Parallax, un Voldemort sidéral, bien décidé à croquer la terre en apéro avant de faire sa fête au reste du cosmos.

Le scénario ne fait malheureusement pas grand-chose d’un univers au potentiel très riche -les Green Lantern, "multiculturelles", sont constituées de 3 600 espèces extraterrestres différentes et dirigées par des "gardiens" immortels. Leur doxa ("combattre la peur par la volonté") offrait un argument engageant en ces temps de psychose mondialisée (même si l’inconscient américain filtre : le "jeune" Terrien s’avère plus puissant que les Green Lantern des "vieux mondes").

Mais la mise en scène ne dépasse jamais l’imagerie kitsch héritée d’une bande dessinée désuète. En la matière, le virtuel n’a même pas le charme du carton-pâte d’antan. Le profil du héros, sans aspérité (au contraire de Batman ou Spider-Man rongés par la vengeance ou la culpabilité), n’est pas plus nuancé par son interprète, fade. Maigre consolation : Peter Sarsgaard compose un "méchant malgré lui" bluffant.


Green Lantern 3D Réalisation : Martin Campbell. Avec : Ryan Reynolds, Blake Lively, Peter Sarsgaard, Mark Strong, 1h54