The Corniaud

Avec ses 98 % à l’école et son manque d’aptitude au rugby, Howard Marks est le souffre-douleur d’un bled perdu du pays de Galles où il existe plus de pubs que d’églises. Tout de même, la providence veille sur le garçon qui reçoit une bourse pour étudier à Oxford. Il en sortira avec un bon diplôme et une spécialité : les drogues. Il a mis à profit ses études pour tout essayer.

F.Ds

Avec ses 98 % à l’école et son manque d’aptitude au rugby, Howard Marks est le souffre-douleur d’un bled perdu du pays de Galles où il existe plus de pubs que d’églises. Tout de même, la providence veille sur le garçon qui reçoit une bourse pour étudier à Oxford. Il en sortira avec un bon diplôme et une spécialité : les drogues. Il a mis à profit ses études pour tout essayer.

Il va rapidement mettre à profit cette compétence pour devenir principal importateur de haschich pakistanais pour la Grande-Bretagne. Ce n’est qu’une première étape vers la conquête du plus grand marché : les USA. Il finira par se faire choper mais dans sa main, il tient un joker. Quelques années auparavant, il avait été recruté par le MI6, les services britanniques de renseignements. En effet, il était proche de l’IRA dont il utilisait le réseau d’approvisionnement des armes pour acheminer sa drogue de Karachi.

Le réalisateur Bernard Rose tient en ce Mr Nice, un personnage haut en couleur et un point de vue inattendu sur le commerce de la drogue. L’IRA est-elle une organisation politique qui se finance par des moyens mafieux ou une organisation mafieuse qui agite un paravent politique ? Une passionnante, question qui se pose pour l’ETA, la N-VA -je blague- et bien d’autres mais qui n’intéresse pas Bernard Rose. Autre sujet, plus classique mais toujours instructif, les procédés pour acheminer la drogue du producteur au consommateur. Ceux qui ont vu "Le Corniaud" n’apprendront pas grand-chose, sauf peut-être qu’on en dissimulait dans les baffles de Pink Floyd et d’autres groupes rock en tournée.

Ce qui préoccupe Bernard Rose, c’est de montrer que Mr Nice est vraiment nice. Un type supersympa qui a trouvé un job génial pour se la couler douce au bord de la piscine d’un paradis fiscal en compagnie de sa femme qu’il adore et ses enfants. Un point de vue sur la drogue ? Aucun. C’est comme vendre des petits pois, sauf que c’est illégal.

Disposant d’un matériau pareil et d’un comédien aussi inspiré que Rhys Ifans, comment Bernard Rose a-t-il réussi la performance de livrer un film aussi plat et dépourvu de tension ? Mr Marks serait-il le commanditaire de cette hagiographie, l’occasion de se faire plaisir tout en blanchissant quelques comptes offshore ? On ne voit pas d’autre explication.

Réalisation, scénario : Bernard Rose. Avec : Rhys Ifans, Chloë Sevigny, David Thewlis 2h01.