Les 50 ans de Christophe Honoré

Christophe Honoré (“L’Homme au bain”) se lance dans une grande fresque historique s’étirant sur un demi-siècle, de la Nouvelle Vague à aujourd’hui – en passant par le Printemps de Prague, le sida, le 11 septembre –, et emballée dans des chansons d’Alex Beaupain. C’est beau comme du Barbelivien. 2h15

Les 50 ans de Christophe Honoré
©n.d.
F.Ds

L’homme est à peine sorti du bain, que voilà déjà le nouveau film de Christophe Honoré. Après une œuvre sanitaire, voici, cette fois, une ambitieuse fresque historique s’étirant sur un demi-siècle de la Nouvelle Vague à aujourd’hui, en passant par le Printemps de Prague, le sida, le 11 septembre, etc.

Comme d’habitude, ça commence en référence à Truffaut avec une Ludivine Sagnier à côté de ses pompes. C’est gênant, car elle est vendeuse dans un magasin de chaussures, comme celui que tenait Michael Lonsdale dans "Baisers volés". Elle est séduite par un jeune médecin tchèque qui l’emmène à Prague. Un bel embobineur, mais elle ne peut s’empêcher d’aimer cet être d’une insoutenable légèreté. Après tout, elle se considère comme une fille légère. Et sa fille aussi d’ailleurs, jusqu’au moment où elle tombe amoureuse - comme on tombe dans les escaliers - d’un batteur américain complètement gay.

Telle mère, telle fille, elle ne peut pas vivre sans l’aimer, non plus. Ah l’amour ! Et comme on est en France, on le tartine sur des chansons d’Alex Beaupain. C’est beau comme du Frédéric François, du Charles Dumont, du Barbélivien.

17 fois, comme Cécile Cassard, on a fait l’effort de se frotter aux films de Christophe Honoré. Et ma mère, c’est pas toujours une partie de plaisir, mais on essaie de s’intéresser à ses personnages. Sans jamais y parvenir. Ils sont tellement artificiels, tellement chichiteurs, tellement égocentriques, tellement poseurs qu’on finit par se foutre de ce qu’il leur arrive comme de la dernière robe de Lady Gaga. Faut dire que les acteurs n’aident pas. Les minauderies de Ludivine Sagnier et de Louis Garrel sont pulvérisées dès que de vraies personnalités déboulent sur l’écran comme Milos Forman ou Michel Delpech. Dans ces moments-là, trop rares, il se passe quelque chose à l’écran. Un quart d’heure à sauver sur 2h15. Lecteurs bien-aimés, vous voilà prévenus.


Réalisation, scénario : Christophe Honoré. Musique : Alex Beaupain. Avec Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve, Ludivine Sagnier, Louis Garrel, Milos Forman, Michel Delpech 2h15.