Cadavre pas si exquis

Au XIXe siècle, Burke et Hare contournent la loi et la morale pour fournir des corps au collège de médecine d’Edimbourg. A partir d’un fait authentique, John Landis signe une comédie noire poussive, qui ne renoue malheureusement pas avec l’inventivité de son “Loup-garou de Londres”.

A.Lo.
Cadavre pas si exquis
©n.d

Il s’agit d’une histoire vraie, à part les parties qui ne le sont pas", avertit l’intertitre au début du film. Pour l’authenticité, il y eut effectivement dans l’Edimbourg du début du XIXe siècle un certain Burke et un certain Hare qui déterraient les cadavres pour fournir l’Edinburgh Medical College en sujet de dissections. Mais quand les morts vinrent à manquer, les compères modifièrent leurs méthodes d’approvisionnement

John Landis transforme ces faits en comédie noire. Pour son premier film de cinéma depuis douze ans, le réalisateur américain exhume l’humour british qui fit jadis la force de son "Loup-garou de Londres", mais il ne retrouve plus l’équilibre subtil entre horreur et second degré référentiel. Malgré le plaisir communicatif de Landis, quelque chose est grippé dans la mécanique de son cinéma : une scène prend, l’autre tombe à plat, et entre les deux, il n’y a plus ni liant ni inventivité.

Seule la sympathie pour une mise en scène au charme désuet tempérera la lassitude chez les plus indulgents (ou les plus anglophiles) des spectateurs. Les ruelles d’Edimbourg sont éclairées et embrumées comme dans un vieux film de la Hammer. Les seconds rôles de prestige et les caméos se multiplient (Tom Wilkinson, Ray Harryhausen, Christopher Lee) autour des deux acteurs principaux qui font de leur mieux, quitte à ce que ce soit des tonnes.


Réalisation et scénario : John Landis. Avec Simon Pegg, Andy Serkis, Isla Fischer, 1h31.


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