L’affaire Rachel Singer

Sale temps pour le Mossad. Et on s’en tiendra ici au cinéma, souvenez-vous du dernier plan de "Munich", Spielberg lui-même pointant que l’activisme des services secrets israéliens conduisait aux Twin Towers. Ou de "Walk on Water", ce film israélien qui constatait que l’Etat d’Israël et le Mossad ne fonctionnaient qu’à la haine. "The Debt", qui traîne sur les étagères depuis un moment, ne se profile pas pour restaurer leur image.

F.Ds

Sale temps pour le Mossad. Et on s’en tiendra ici au cinéma, souvenez-vous du dernier plan de "Munich", Spielberg lui-même pointant que l’activisme des services secrets israéliens conduisait aux Twin Towers. Ou de "Walk on Water", ce film israélien qui constatait que l’Etat d’Israël et le Mossad ne fonctionnaient qu’à la haine. "The Debt", qui traîne sur les étagères depuis un moment, ne se profile pas pour restaurer leur image.

Dans les années 60, trois agents sont accueillis triomphalement en Israël après avoir mené à bien leur mission : l’élimination du chirurgien du camp de Birkenau. Toutefois, le succès n’est pas total, le rapatriement du corps criminel nazi a échoué. Et pour cause

Dans un Berlin-Est où le ciment du mur sèche encore, John Madden reconstitue en forme de thriller une opération de récupération d’un criminel nazi. Le suspense se double d’un mélodrame. En effet, l’un des trois agents est une femme, très jolie - c’est Jessica Chastain, la révélation de "Tree of Life" qu’on découvrait alors pour la première fois. L’agent Rachel Singer est amoureuse d’un collègue, mais elle couche avec l’autre. Et cela affecte la bonne marche de cette opération complexe, rend les mâles nerveux, très nerveux. Ainsi, soumis aux provocations verbales du médecin fou - "les juifs sont des sous-hommes puisqu’ils ne se révoltaient pas, il suffisait de quatre soldats allemands pour en garder 1 000"-, un des deux hommes finit par péter les plombs, ce qui ne sera pas sans conséquences.

Après cette partie commando assez palpitante, on se dit que le moment est venu pour le film de s’arracher à sa tension dramatique, à ses sentiments, pour fouiller un sujet, entamer une réflexion sur la propagande, voire nourrir une polémique comme l’avait fait "The Reader". Pas du tout, John Madden ("Shakespeare in love") remet le couvert, mais réchauffé. Toutefois, "The Debt" ne réagit pas comme le cassoulet. Autant le suspense historique fonctionnait, autant la chasse à l’homme contemporaine apparaît totalement artificielle. Même si Helen Mirren ne ménage pas ses efforts.

Réalisation : John Madden. Avec Helen Mirren, Sam Worthington, Tom Wilkinson, Jessica Chastain 2h10.

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