Brève

Tiens, voilà du boudin. Enfin, presque : il ne s’agit pas ici de celui des beaux légionnaires mais de celui des forces spéciales de l’armée française, qui partent la fleur au fusil-mitrailleur et le rire viril aux lèvres pour délivrer des griffes des talibans une journaliste. A l’évocation des noms de cette dernière et de celui de l’amiral français (Elsa Casanova et Jacques Beauregard), on se demande un instant s’il ne s’agit pas d’une farce signée Groland. Hélas, non ! Stéphane Rybojad carbure au premier degré militariste et patriotique.

A.Lo.

Tiens, voilà du boudin. Enfin, presque : il ne s’agit pas ici de celui des beaux légionnaires mais de celui des forces spéciales de l’armée française, qui partent la fleur au fusil-mitrailleur et le rire viril aux lèvres pour délivrer des griffes des talibans une journaliste. A l’évocation des noms de cette dernière et de celui de l’amiral français (Elsa Casanova et Jacques Beauregard), on se demande un instant s’il ne s’agit pas d’une farce signée Groland. Hélas, non ! Stéphane Rybojad carbure au premier degré militariste et patriotique.

A-t-il voulu faire la nique à Kathryn Bigelow qui prépare son film sur les Neavy Seals américains et la traque de Ben Laden ? Ou l’Elysée, 2012 en ligne de mire, l’a-t-il mandaté pour redorer le blason présidentiel et celui des forces armées tricolores ? C’est qu’il y avait effectivement de quoi rectifier le tir après les déclarations peu amènes de Sarkozy quant à "l’irresponsabilité" de nos confrères Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière (otages des talibans pendant dix-huit mois éprouvants) ou après le fiasco de l’affaire Germaneau. On rit donc jaune devant ce président de cinéma à qui il faut moins de cinq minutes pour décider "d’y aller" et ces troufions qui font des blagues de corps de garde entre deux fusillades.

Outre les petits soldats, Rybojad devait aimer jouer au train quand il était gamin : dès qu’il le peut, il pose sa caméra sur un travelling circulaire et fait la toupie autour de ses acteurs. C’est beau comme du Lelouch revisité par Tony Scott, avec dialogues pompeux, placement de produit pour Dassault et Aérospatiale, Alzheimer au montage image et ralenti pour les séquences "émotion". Les références crèvent l’écran - "Black Hawk Down", "Green Zone", "Platoon" - mais l’adjudant-chef n’a pas le quart de l’inspiration et de la rigueur de ses modèles. Et tant qu’à vouloir rendre hommage à des maîtres de guerre, il aurait fallu éviter de les montrer pas foutus d’installer une base de feu pendant la pause-café. Faut espérer pour les bidasses tricolores qu’en l’occurrence la pub est mensongère

Réalisation : Stéphane Rybojad.Avec : Diane Krueger, Benoît Magimel, Djimon Hounsou, 1h47.