Une comédie à dormir debout

Quand une chieuse de niveau mondial rencontre un foutard de compétition. Le choc Huppert-Poelvoorde s’annonçait explosif, mais produit juste des étincelles. Huppert est parfaite, Poelvoorde impeccable, mais l’alchimie n’est pas au rendez-vous, et Anne n’atteint pas la comédie sociale qu’elle souhaitait atteindre. 1h43.

Une comédie à dormir debout
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F.Ds

C’est une chieuse de classe mondiale : cassante, arrogante, jamais contente. C’est un foutard de compétition : bourré, vulgaire, toujours graveleux.

Ces deux-là n’ont aucune chance de se rencontrer sauf, bien entendu, dans une comédie romantique.

Leurs garçons, qui fréquentent le même collège, constituent le prétexte. Ces deux-là sont inséparables. D’ailleurs, l’un ne quitte plus les deux cents mètres carrés de l’appartement de l’autre. Cela le change du réduit à balais, voire de la camionnette du paternel.

En gros, l’un est le pire cauchemar de l’autre et vice versa.

Après un biopic de haute couture, "Coco avant Chanel", Anne Fontaine rêvait d’une comédie explosive. Le mélange Huppert-Poelvoorde, l’une remontée en grande bourgeoise hautaine et l’autre qui s’incruste comme un boulet, promettait des étincelles. Avec Anne Fontaine à la mise en scène, on s’attendait même à un feu d’artifice. Tout avait d’ailleurs été méticuleusement préparé : un dialogue ciselé sur mesure, un Dussollier ouaté, une intrigue complémentaire On crépitait d’impatience et, de fait, ça pétarade bien au démarrage. Mais le crescendo ne s’enclenche pas. Huppert est parfaite, Poelvoorde impeccable; mais l’alchimie n’est pas au rendez-vous, le couple ne prend pas.

Ça ne peut pas réussir à chaque fois, la paire Luchini-Bourgoin pétillait comme du champagne dans "La fille de Monaco"; le tandem Huppert-Poelvoorde pédale dans le vide et n’atteint jamais la comédie sociale qu’Anne Fontaine voulait visiblement atteindre.

Réalisation : Anne Fontaine. Scénario : Anne Fontaine, Nicolas Mercier. Avec : Isabelle Huppert, Benoît Poelvoorde, André Dussollier, Virginie Efira 1h43.

Lire un entretien avec Benoît Poelvoorde en pages 44-45 de "La Libre Belgique" de ce 9 novembre.


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