La daube de la semaine

La première scène se déroule de bon matin à Paris. La consigne donnée au régisseur était précise : tu boucles le quartier, personne ne passe. Eh bien, on peut admirer le travail, pas une voiture dans Paris ce jour-là, pas même un passant ne vient troubler la mitraillade en pleine rue, ni entraver la course-poursuite à pied entre deux malfrats. Faut dire aussi qu’on a explosé le budget "figurants" dans l’autre décor du film, celui du club. Explosé mais rentabilisé, aussi. Ils seront contents en voyant le film, on les voit bien et beaucoup. Largo Winch y joue une mouche dans une boîte de nuit, il se cogne d’un coin à l’autre en se la pétant avec un air inspiré (faut-il le préciser). A chaque déplacement, il doit fendre la foule compacte des fêtards, dans les escaliers, dans le restaurant, dans le casino, dans les toilettes et, bien évidemment, sur le dance floor. Et dans la cuisine, aussi. Le régisseur a vraiment fait du bon boulot et le monteur a su lui rendre hommage. Même dans la pire m - restons polis - ...des daubes, on trouve toujours, quand on cherche bien, quelque chose à sauver. Car pour le reste, un tel niveau de médiocrité ne devrait pas être tolérable. Frédéric Jardin, Nicolas Saada et Olivier Douère méritent-ils deux semaines à Lantin ? Peut-être pas. Mais, au minimum, leur interdire d’écrire un scénario et, surtout, une ligne de dialogue serait une simple mesure de salubrité publique dans la lutte contre la pollution des écrans.

F.Ds

La première scène se déroule de bon matin à Paris. La consigne donnée au régisseur était précise : tu boucles le quartier, personne ne passe. Eh bien, on peut admirer le travail, pas une voiture dans Paris ce jour-là, pas même un passant ne vient troubler la mitraillade en pleine rue, ni entraver la course-poursuite à pied entre deux malfrats. Faut dire aussi qu’on a explosé le budget "figurants" dans l’autre décor du film, celui du club. Explosé mais rentabilisé, aussi. Ils seront contents en voyant le film, on les voit bien et beaucoup. Largo Winch y joue une mouche dans une boîte de nuit, il se cogne d’un coin à l’autre en se la pétant avec un air inspiré (faut-il le préciser). A chaque déplacement, il doit fendre la foule compacte des fêtards, dans les escaliers, dans le restaurant, dans le casino, dans les toilettes et, bien évidemment, sur le dance floor. Et dans la cuisine, aussi. Le régisseur a vraiment fait du bon boulot et le monteur a su lui rendre hommage. Même dans la pire m - restons polis - ...des daubes, on trouve toujours, quand on cherche bien, quelque chose à sauver. Car pour le reste, un tel niveau de médiocrité ne devrait pas être tolérable. Frédéric Jardin, Nicolas Saada et Olivier Douère méritent-ils deux semaines à Lantin ? Peut-être pas. Mais, au minimum, leur interdire d’écrire un scénario et, surtout, une ligne de dialogue serait une simple mesure de salubrité publique dans la lutte contre la pollution des écrans.

Réalisation :[?] Frédéric Jardin. Avec Tomer Sisley, JoeyStarr, 1h38.