Lena

Je m’appelle Lena. J’ai 17 ans. Et j’ai un petit copain. (Enfin )." On connaissait Rosetta, prête à tout pour un job, voici Lena, prête à tout pour l’amour. Rondelette, à l’âge où le regard des autres est si crucial, si dissemblable de sa mère (Agata Buzek) - blonde, Polonaise, filiforme - qu’on se demande presque si elle est bien sa fille, Lena (Emma Levie, une révélation) se donne aux garçons dans l’espoir que ceux-ci lui feront grâce d’un peu d’affection sincère. Désillusion chronique jusqu’au jour où le hasard - un vol à la tire qui a mal tourné - lui fait rencontrer Daan (Niels Gomperts) : joli garçon, gueule d’âge, qui tombe contre toute attente amoureux de Lena. Auprès de lui et de son père dépressif (Jeroen Willems), Lena découvre soudain tout ce dont elle a toujours rêvé : un amoureux et un semblant de vie de famille.

A.Lo.

Je m’appelle Lena. J’ai 17 ans. Et j’ai un petit copain. (Enfin )." On connaissait Rosetta, prête à tout pour un job, voici Lena, prête à tout pour l’amour. Rondelette, à l’âge où le regard des autres est si crucial, si dissemblable de sa mère (Agata Buzek) - blonde, Polonaise, filiforme - qu’on se demande presque si elle est bien sa fille, Lena (Emma Levie, une révélation) se donne aux garçons dans l’espoir que ceux-ci lui feront grâce d’un peu d’affection sincère. Désillusion chronique jusqu’au jour où le hasard - un vol à la tire qui a mal tourné - lui fait rencontrer Daan (Niels Gomperts) : joli garçon, gueule d’âge, qui tombe contre toute attente amoureux de Lena. Auprès de lui et de son père dépressif (Jeroen Willems), Lena découvre soudain tout ce dont elle a toujours rêvé : un amoureux et un semblant de vie de famille.

Trop beau pour être vrai : c’était sans compter une scénariste démoniaque qui s’ingénie à maintenir ses personnages sur le fil du rasoir. Si le récit s’amorce sur une proposition intéressante et une question adolescente prégnante (le rapport au corps, l’émancipation personnelle et sexuelle liés au rapport à l’autre), le film part à la dérive avec ses personnages au gré d’une surenchère de péripéties. Daan n’est évidemment pas le prince charmant, c’est un menteur. Son père se laisse amadouer par Lena ? Ce n’est pas sans raison. Maman a un amant ? Cela se terminera en queue de poisson. Laissons aussi traîner une arme quelque part, cela peut toujours servir à terminer un film Cette artificialité est surtout incarnée par le personnage du père, à l’évolution psychologique peu convaincante. Le choix du cadre 4/3 (qui se fait rare) aurait pu être pertinent (il nous place au cœur de l’intime) s’il ne venait pas surligner encore le propos : Lena (et le spectateur) n’aura guère d’espace pour respirer. Trop is te veel

Reste que Christophe van Rompaey ("Aanrijding in Moscou") trouve un équilibre naturaliste qui donne sa pleine mesure lorsque le récit reste centré sur Lena, formidablement portée par Emma Levie : aussi peu à sa place qu’elle puisse paraître dans un cours de danse de quadrille, elle finit par y acquérir une certaine grâce, toute personnelle, malgré ses faux pas.

Réalisation : Christophe van Rompaey. Scénario : Mieke de Jong. Avec : Emma Levie, Niels Gomperts, Jeroen Willems, 1h59.