Un beau salaud

On connaît le syndrome de Stockholm, lorsque la victime en vient à sympathiser avec son ravisseur, voire à épouser sa cause. C’est un peu le même phénomène qui semble frapper certains cinéastes à force de s’immerger dans leur sujet. Ainsi, on a vu Jean-François Richet prendre Mesrine pour un dieu au point de risquer un parallèle entre la fin de parcours du gangster et le calvaire du Christ. Il en va ici de même avec Michele Placido, visiblement sous le charme du truand italien Renato Vallanzasca.

F.Ds

On connaît le syndrome de Stockholm, lorsque la victime en vient à sympathiser avec son ravisseur, voire à épouser sa cause. C’est un peu le même phénomène qui semble frapper certains cinéastes à force de s’immerger dans leur sujet. Ainsi, on a vu Jean-François Richet prendre Mesrine pour un dieu au point de risquer un parallèle entre la fin de parcours du gangster et le calvaire du Christ. Il en va ici de même avec Michele Placido, visiblement sous le charme du truand italien Renato Vallanzasca.

Celui-ci est d’ailleurs de la même époque que Mesrine et poursuit le même objectif : devenir une vedette en multipliant braquages et kidnappings, mais aussi en manipulant les médias. Michele Placido met en scène "L’ange du mal", une tête brûlée au sang surgelé en toutes circonstances. C’est un père capable de lacérer son corps au rasoir pour forcer son transfert dans une prison plus proche de son fils. C’est aussi un tombeur de première force. Et de montrer que l’homme a aussi un cœur. Il peut verser une larme quand un de ses chers complices est abattu par un vilain policier. Il aime toujours son papa et sa mamma, lesquels le lui rendent bien. La famiglia, c’est sacré in Italia !

On reste perplexe face à cette hagiographie grotesque. Le réalisateur du remarquable "Romanzo Criminale" a-t-il perdu toute distance ? Est-il complètement naïf, manipulé ? Ou seulement opportuniste et méprisable en se livrant à un portrait tarantiné, giclant de sang, de sexe, de cruauté ? Ce film tient assurément d’une deuxième mort pour ses nombreuses victimes. En prison, où il lui reste 240 ans à tirer, Vallanzasca doit être heureux. Celui qui se considère comme le bandit italien numéro uno dispose désormais d’un film pour flatter son ego. Mais dans son for intérieur - ça doit ressembler à une fosse sceptique -, il sait qu’il ne sera jamais qu’un nabot comparé au plus grand truand italien vivant : Berlusconi.

Réalisation : Michele Placido. Avec Kim Rossi Stuar, Paz Vega 1h51.