Criminel romancé

Depuis "36 quai des Orfèvres", on sait qu’Olivier Marchal aime les films de mecs. Ceux où on se retrouve dans les arrière-cours pour un concours de boules. Là, histoire de montrer qu’il en a encore, Momon (Gérard Lanvin) en prend une pour exploser celle d’un jeunot. Marchal aime bien, aussi, les amitiés viriles, celles pour lesquelles on est prêt à faire une croix sur vingt-cinq ans de vie rangée des voitures. Pas étonnant que l’ex-flic ait aimé les mémoires d’Edmond "Momon" Vidal, figure légendaire du banditisme lyonnais.

A.Lo.

Depuis "36 quai des Orfèvres", on sait qu’Olivier Marchal aime les films de mecs. Ceux où on se retrouve dans les arrière-cours pour un concours de boules. Là, histoire de montrer qu’il en a encore, Momon (Gérard Lanvin) en prend une pour exploser celle d’un jeunot. Marchal aime bien, aussi, les amitiés viriles, celles pour lesquelles on est prêt à faire une croix sur vingt-cinq ans de vie rangée des voitures. Pas étonnant que l’ex-flic ait aimé les mémoires d’Edmond "Momon" Vidal, figure légendaire du banditisme lyonnais.

Pour ce genre de rôle monolithique, une figure du cinéma français s’impose désormais : Gérard Lanvin (Bébel est plus cap’, Delon n’est plus crédible). Barbe poivre et sel, paupière tombante, lipe tombante et voix rauque : voilà le parfait truand de la vieille école qui tue ceux qui le balancent les yeux dans les yeux (et la larme à l’œil quand il s’agit de son ex-mentor), aime sa femme (quand il n’est pas avec ses potes) et enterre son chien (sous la pluie : c’est plus émouvant). Un brave type, donc, plus propre qu’un politicard (corrompu), plus digne qu’un flic (brutal ou manipulateur), au point que celui qui lui cherche des noises lui donnerait presque sa Légion d’honneur sans confession.

Bon, d’accord, Marchal n’a pas forcément tort : Michel Neyret, le commissaire qui a servi de modèle à celui du film, a été mis en examen pour corruption. De là à perpétuer le mythe candide du code d’honneur des truands Au diapason, la réalisation en souffre, piochant ses clichés çà (Coppola) et là ("Romanzo criminale") à coups de flashbacks, photo désaturée, montage appuyé, ralentis lacrymaux, Pire : Marchal élude les faits qui dérangent (l’assassinat du juge Renaud) et lisse ceux qui l’arrangent (les liens du Milieu avec les barbouzes gaullistes du SAC). Une bonne fiction eut été plus crédible.

Réalisation et scénario : Olivier Marchal. Avec : Gérard Lanvin, Tchéky Karyo, Dimitri Storoge, Olivier Chantreau, Patrick Catalifo, 1h42.

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