Muscles d’acier

Sur le papier, l’idée semble absurde : mélanger les robots et la boxe, "Transformers" n’est pas loin Et l’on n’attend guère Shawn Levy (spécialiste de la comédie familiale avec "La Nuit au Musée" ou "Crazy Night") dans ce registre Pourtant, au bout de quelques minutes, les a priori s’envolent Produit par Zemeckis et Spielberg, spécialistes du divertissement très grand public, "Real Steel" surprend agréablement dans sa façon, naïve, de relire le film de boxe.

H. H.

Sur le papier, l’idée semble absurde : mélanger les robots et la boxe, "Transformers" n’est pas loin Et l’on n’attend guère Shawn Levy (spécialiste de la comédie familiale avec "La Nuit au Musée" ou "Crazy Night") dans ce registre Pourtant, au bout de quelques minutes, les a priori s’envolent Produit par Zemeckis et Spielberg, spécialistes du divertissement très grand public, "Real Steel" surprend agréablement dans sa façon, naïve, de relire le film de boxe.

Si la nouvelle originelle de Richard Matheson 1965 se déroulait dans un futur sombre - on s’en doute de la part de l’auteur d’"I Am Legend" -, par sa volonté de s’adresser à tous, le film décrit un avenir très proche de notre réalité. Les téléphones portables sont juste un peu plus perfectionnés, tandis que la boxe traditionnelle a disparu, incapable de répondre à la soif de violence du public Celui-ci s’est donc tourné vers les robots-boxeurs, des mastodontes de 900 kg et 2,40 m. Ancien boxeur, Charlie (un Hugh Jackman tout en muscles) joint les deux bouts comme manager de robots bas de gamme. Et voilà qu’on lui met sur les bras un fils qu’il n’a jamais vu. Mais, passionné de boxe high-tech, ce dernier a de l’ambition. D’un vieux robot sparring-partner récupéré à la casse, il espère faire un champion

Malgré son histoire convenue et pleine de bons sentiments, "Real Steel" fonctionne. Shawn Levy s’est en effet tenu à une contrainte : rendre crédible ce scénario improbable. Pour ce faire, il opte pour une solution très simple : livrer un film tout ce qu’il y a de plus classique. Rédemption, poids du passé, romance, relation manager-boxeur On retrouve tous les thèmes du film de boxe, jusqu’au côté un peu macho et sexiste. Tandis qu’on évolue dans des décors familiers. Le point de chute du héros est une salle de boxe à l’ancienne, tenue aujourd’hui par la belle Evangeline Lilly ("Lost"). On est plus près de "Rocky Balboa" que de "Million Dollar Baby" mais ça marche !

De même, "Real Steel" ne tombe jamais dans les travers de la science-fiction ou de l’anticipation. L’Amérique qu’il dépeint est celle de ces bonnes vieilles valeurs traditionnelles et de ces paysages déserts et poussiéreux immortels. C’est dans ce cadre "réaliste" que Levy fait évoluer ses robots boxeurs. Si on y croit d’emblée, c’est évidemment aussi à cause de la prouesse technique. Agiles comme des danseurs, ces engins monstrueux sont animés par de vrais boxeurs, grâce à la technique de motion capture, façon "Tintin" ou "Avatar". Dès lors, ces combats de boxe entre géants d’acier tout droit sortis d’un jeu vidéo, on les vit comme si l’on sentait la sueur et l’on voyait le sang gicler (ici remplacé par des fluides et autres huiles de moteur) Un vrai plaisir de gosses. Ça tombe bien, "Real Steel" est fait pour eux

Réalisation : Shawn Levy. Scénario : John Gatins. Musique : Danny Elfman. Avec : Hugh Jackman, Evangeline Lilly 2h07.