Mélanie Laurent show

Quand on pense à ceux qui rament des mois, des années, pour tourner enfin leur film, ils doivent la trouver mauvaise en découvrant "Les adoptés". Mais c’est comme cela ; quand on n’est ni jolie ni bankable, cela prend forcément plus de temps.

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© Cinéart
F.Ds

Quand on pense à ceux qui rament des mois, des années, pour tourner enfin leur film, ils doivent la trouver mauvaise en découvrant "Les adoptés". Mais c’est comme cela ; quand on n’est ni jolie ni bankable, cela prend forcément plus de temps.

Au départ, il devait bien y avoir une vague idée de scénario. Il était une fois une maman, sa fille Lisa et sa meilleure amie Marine, devenue carrément sa sœur par adoption à la suite du décès de ses parents.

Soit une petite tribu matriarcale. Et voilà qu’un mâle se met à tourner autour de Marine. Alors, Lisa lui fait la tronche. Le destin s’en mêle, fauche Marine et l’expédiant dans un coma de niveau 3. Même un auteur de roman-photo n’oserait pas. Ou alors, c’est qu’il est fatigué et à cinq minutes du bouclage.

Mais bon, l’histoire, c’est pas non plus la priorité de Mélanie Laurent. Certes, elle aime bien être devant la caméra pour rire, pour pleurer, pour gratouiller une guitare, pour faire sa chochote, mais ce qui compte, avant tout, ici, c’est de montrer à tout le monde qu’elle est derrière la caméra. Elle s’emploie donc à ce que cela se voie.

Par exemple, la grande scène d’explication entre Lisa et le gars de la Marine se déroule dans un parc sur un banc. Grand moment d’émotion ? Non, un aperçu quasi exhaustif de toutes les positions possibles sur un banc, sur fond de voix off.

La voix, c’est son truc à Mélanie. C’est qu’elle n’arrive pas à montrer visuellement ce qu’elle veut dire et que le dialogue, c’est pas son fort non plus ; alors, la voix off, c’est pratique. D’autant que la direction d’acteurs, elle ne veut pas en entendre parler. Evidemment, comme c’est elle qui commande, il n’y a plus de limite à son narcissisme. Quant aux autres, ils n’ont qu’à se débrouiller. Résultat, un enfant livré à lui-même avec un texte gratiné est carrément insupportable. Insupportable, voilà qui résume la sensation générale.


Réalisation, scénario [?] : Mélanie Laurent. Avec Mélanie Laurent, Denis Ménochet, Marie Denarnaud 1h40.