Tautou sur François Damiens

Il peut tout jouer, l’embrouille et un type délicat. Il sort deux films cette semaine. Lundi, “Torpedo” en ouverture du Be Film Festival. Mercredi, “La Délicatesse” avec Audrey Tautou. François Damiens se confie.

Fernand Denis
Tautou sur François Damiens
©n.d

Rien à déclarer, François Damiens ? L’hiver dernier, il était derrière le bar avec Karine Viard dans le carton de Dany Boon. Il trouvait deux kilos de coke au printemps dans "Une pure affaire" qu’on ne peut qualifier d’honnête divertissement. En été, des vacances au bord de la mer avec Pascal Rabaté, "Ni à vendre, ni à louer". Et il termine l’année au bras d’Audrey Tautou dans l’adaptation de "La Délicatesse", succès littéraire de David Foenkinos. Comment le faire parler ? On lui sert un thé à la menthe.

Comment avez-vous réagi au scénario de “La Délicatesse” ?

Je ne m’emballe jamais. Je préfère toujours rencontrer les gens qui ont pensé à moi. C’est toujours flatteur donc j’étais heureux. A ce moment, le roman n’avait pas encore connu le succès. Moi, je ne veux pas avoir le rôle à tout prix en me faisant passer pour ce que je ne suis pas. Alors, je trompe la production, je trompe le spectateur et je me trompe moi-même. Je suis venu au rendez-vous tranquillement en essayant d’être le plus naturel possible. Je sentais un désir de leur part. Stéphane Foenkinos avait vu le Doillon, "La Famille Wolberg", mes films plus sérieux. Et David plutôt "L’Arnacœur". Je me suis senti très vite, très bien avec eux, avant même d’avoir lu le scénario.

Vous procédez toujours comme cela, vous rencontrez le metteur en scène avant de lire le scénario ?

Je préfère arriver vierge, le laisser parler. On sent vite si ça prend ou pas, si on se sent à l’aise ou si l’on a envie que cela s’arrête. Les frères Foenkinos m’ont parlé du personnage. Et puis j’ai lu le scénario. Ils ont vu en moi ce que peu de gens avaient vu.

Le Suédois ?

Oui (rires). Je me sens plus proche de Markus que de François l’embrouille. Mais comme j’ai beaucoup joué le type exubérant, vulgaire, de mauvaise foi, les gens se disent que je dois être comme cela. C’est tout le contraire, je me reconnais dans le côté gentil, sincère, humain de Markus.

Séduire avec de la gaucherie, de la maladresse et des pulls beige lignés ; ce n’est pas donné à tout le monde.

Markus séduit malgré lui. La gentillesse n’est pas ce qu’il y a de plus payant, sauf sur le long terme, j’en suis convaincu. En attendant, elle ne fait pas partie de l’arsenal du séducteur digne de ce nom. La délicatesse, beaucoup de gens font des manières car ils n’en ont pas. Souvent les beaux vont avec les beaux et les laids avec les laids. Cette fille, on l’imagine plus avec son patron qu’avec ce type dont personne ne connaît le nom. Cela énerve les gens, c’est quasi de la provoc’. Elle sort des codes.