Chronique sentimentale d’une occupation

Kamar est une jeune femme libre. Danseuse dans une troupe de Ramallah, elle vient de se marier avec Zaid. Le bonheur est sans tache, jusqu’au jour où celui-ci, refusant de céder ses terres plantées d’oliviers (les seuls revenus de la famille), est arrêté par l’armée israélienne. Alors qu’elle lutte pour tenter de le faire libérer, Kamar tombe sous le charme de Kais, chorégraphe revenu du Liban

H. H.

Kamar est une jeune femme libre. Danseuse dans une troupe de Ramallah, elle vient de se marier avec Zaid. Le bonheur est sans tache, jusqu’au jour où celui-ci, refusant de céder ses terres plantées d’oliviers (les seuls revenus de la famille), est arrêté par l’armée israélienne. Alors qu’elle lutte pour tenter de le faire libérer, Kamar tombe sous le charme de Kais, chorégraphe revenu du Liban

Le cadre est connu : celui de l’occupation israélienne. Même si "Grenades et myrrhe" filme une population moins visible, celle des Arabes chrétiens. Voile ou pas, cela ne change, ceci dit, pas grand-chose aux check-points israéliens Mais alors que l’on s’attend à une chronique sociale et politique, la romancière et cinéaste Najwa Najjar prend un tournant inattendu, celui de la chronique sentimentale. Le prisme pour décrire la vie quotidienne dans les territoires occupés est, en effet, celui d’une femme amoureuse, observant la situation politique israélo-palestinienne par le prisme des sentiments. Du coup, ce premier long métrage (qui date de 2008 déjà) prend des allures assez bancales, à cheval entre drames romantique et politique.

Najwa Najjar a étudié aux Etats-Unis, ce qui explique sans doute ce penchant pour un cinéma plus occidental (dans la construction mais aussi son scénario, assez convenu). Pourtant, par volonté de ne pas choquer ? (elle vit à Ramallah depuis 1994), la cinéaste, qui dédie un peu pompeusement son film "à la Palestine" , ne va pas au bout de sa démarche. Car son héroïne ne parviendra pas à s’évader de cette occupation, qu’elle soit israélienne ou celle du poids de la tradition. Arrivé au générique de fin, on se désole de voir une jeune femme signer un film si rétrograde, machiste Dommage.

Scénario&réalisation : Najwa Najjar. Avec Yasmine Elmasri, Hiam Abbass, Ashraf Farah, Ali Suliman 1 h 35.Attention, sortie reportée au 11 janvier !