Egypte, an 1 (post-révolution)

Double bonne nouvelle en ce début d’année 2012 ! Primo, Aflam, nouveau festival des cinémas arabes, déploie ses écrans dès ce mercredi et jusqu’au 15 janvier en trois lieux disséminés dans la ville : Vendôme, Institut européen de la culture arabe et Pianofabriek.

Egypte, an 1 (post-révolution)
©Bozar
Karin Tshidimba

Double bonne nouvelle en ce début d’année 2012 !

Primo, Aflam, nouveau festival des cinémas arabes, déploie ses écrans dès ce mercredi et jusqu’au 15 janvier en trois lieux disséminés dans la ville : Vendôme, Institut européen de la culture arabe et Pianofabriek.

Deuzio , épaulé par Bozar, le nouveau festival invite à un focus proposant le meilleur de la production égyptienne contemporaine, pour la première fois en Belgique. A l’heure où la révolte populaire est loin de se tarir, l’événement propose un premier bilan "post"-révolution, à travers documentaires, courts et longs métrages les plus marquants. Objectif : "Mieux comprendre les raisons du soulèvement populaire qui précipita la chute du raïs et éclairer une société restée trop longtemps dans l’ombre".

La production cinématographique égyptienne étant plutôt prolixe, les films ne manquaient pas. "Il était clair que nous voulions reparler de ce qui s’était passé le 25 janvier 2011, cela a donc guidé notre choix, explique Marc Jacobs, responsable de la programmation à Bozar. Le choix a donc été surtout épineux entre tous les documentaires réalisés juste après janvier. Mais notre volonté n’était pas d’axer le focus égyptien uniquement sur cette question de la révolution. Aflam nous a contactés et nous avons mis au point, ensemble, cette première collaboration".

De "L’amante du Rif", film marocain de Narijs Najjar (Vendôme, 11/01 à 19h) à "18 days" film collectif égyptien sur l’après-place Tahrir (Bozar, 15/01 à 19h), voilà un panorama du cinéma arabe qui ne manque ni de points de vue, ni d’arguments. D’autant qu’une table-ronde, modérée par Rajae Essefiani, réunira les grandes figures du cinéma égyptien : Ibrahim El Batout, Khaled El Hagar, Hesham Issawi, Wael Omar pour évoquer les événements politiques récents et leur incidence politique et artistique sur le cinéma (Bozar, le 15/01 à 17h).

Voilà l’occasion de décrypter les différentes thématiques et approches cinématographiques qui ont nourri le printemps du cinéma arabe, autant que le renouveau du film égyptien. Avec l’omniprésence de thèmes comme l’exil, les désillusions, le désœuvrement, la précarité ou les craintes face à l’avenir par exemple. Tandis que d’autres proposent un portrait kaléidoscopique et sensoriel d’une actrice emblématique du 7e art égyptien, "Les trois disparitions de Soad Hosni", ou une incursion dans le monde de la danse traditionnelle (où la passion se transmet de mères en filles) : "At night, they dance".

"Nous voulions que la question de la révolution côtoie des films porteurs d’un regard d’auteur sur la réalité égyptienne, des films témoins de cette langueur du récit comme la pratique le cinéma égyptien, avec un point de vue singulier et vraiment intéressant, une très belle photographie et des scènes emblématiques. Afin de proposer une expérience artistique et pas seulement un message politique", poursuit Marc Jacobs.

Pour couronner cette exploration en beauté, Bozar a fait appel au groupe algérien de Chaäbi, "El gusto orchestra of Algiers" qui donnera un concert samedi à 20h dans la salle Henri le Bœuf.

Programme : www.aflamdusud.be

Focus égyptien : www.bozar.be

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