La daube, si je mens

“Coco”, “ Camping” et “Bienvenue à bord”, la comédie “beauf” se portant bien, Thomas Gilou repasse son plat pour la troisième fois. La vérité, c’est de la daube. 1h45

F.Ds
La daube, si je mens
©Reporters

La vérité, c’est que les deux premiers ont rassemblé plus de 10 millions de spectateurs. Alors, on scribouille un petit scénario, on bricole une nouvelle arnaque, on prend les mêmes et on recommence. La vérité, si je franchise. Alors, Eddie se ramasse un contrôle dans son magasin. Les douaniers découvrent dans les stocks une caisse de montres contrefaites. Tout accuse les Chinois, qui ont envahi le quartier, comme les auteurs de ce coup tordu. Et nos amis du Sentier, désormais installés à Aubervilliers, de foncer comme un taureau sur la muleta, comme un opportuniste flamand sur une liste N-VA. Mais les élections sont encore loin et le scénario se traînouille. La vérité, si je m’embrouille.

Dans un film où l’on passe son temps à négocier, marchander, palabrer, on peut faire confiance aux agents des acteurs. D’ailleurs, la plupart des comédiens se contentent de mimer d’un air fatigué : "Je ne fais que passer, je suis juste venu prendre le chèque." Tout de même, Anconina met du cœur à la commande et Gilbert Melki mouille sa chemise en soie. Mais il est aussi le seul pour lequel on a écrit un rôle. La vérité, si je solde.

Une petite vanne qui fonctionne pour vingt qu’on voit venir. Des acteurs en roue libre qui n’ont pas grand-chose à jouer, juste une caricature à endosser. Garcia réduit à singer Garcia. La vérité, si c’est lourd. Et pénible aussi.

"Coco", " Camping" et "Bienvenue à bord", la comédie "beauf" se portant bien, Thomas Gilou repasse le plat pour la troisième fois. Avait-il le choix ? Depuis 2004, ses autres films ont tous fait flop, flop, flop. La vérité, si je mens.


La vérité si je mens 3 Réalisation : Thomas Gilou. Scénario : Gérard Bitton, Michel Munz. Avec Richard Anconina, Gilbert Melki, José Garcia 1 h 45.