"Une bouteille à la mer": Miss Peace et Gazaman

Au lendemain d’un attentat dans son quartier, une jeune ado israélienne met un message dans une bouteille et demande à son frère de la jeter dans la mer de Gaza.

"Une bouteille à la mer": Miss Peace et Gazaman
©Cinéart
F.Ds

Au lendemain d’un attentat dans son quartier, une jeune ado israélienne met un message dans une bouteille et demande à son frère, faisant son service militaire, de la jeter dans la mer de Gaza. Sur la plage, un ado palestinien la ramasse, trouve le message : "Comment peut-on se mettre une ceinture de dynamite et se faire exploser ?" Il lui répond vertement, mais au moins un dialogue s’engage.

En secret. Elle sent bien que ses parents, des Juifs français venus s’établir à Jérusalem, doivent tout ignorer de cet échange de mails. Et lui sait que le moindre contact avec une Israélienne le ferait passer automatiquement pour un traître, un collabo.

Au fil des courriels, se tisse un lien de plus en plus riche, chacun prenant progressivement conscience du climat dans lequel évolue son correspondant. Paranoïa sécuritaire d’un côté, enfermement et promiscuité de l’autre.

"Rien n’est simple, mais cela ne veut pas dire que rien n’est possible", dit l’un des personnages. Tel est le message de ce film lancé, lui aussi, comme une bouteille sur la mer des images du conflit israélo-palestinien. Thierry Benisti croit en tout cas en la jeunesse, celle dont on n’est pas encore parvenu à bourrer le mou comme ces pauvres enfants de juifs haredim formés au racisme et à la ségrégation dès leur plus jeune âge.

Naïm et Tal sont un peu comme des Roméo et Juliette en Palestine, à cette différence qu’ils ne peuvent pas se toucher, pas même se voir, leur relation ne tient qu’à un fil, celui d’Internet qui ne connaît pas de frontières. Ils sont jeunes, ils sont beaux et ils sont l’espoir d’en sortir un jour, avec l’aide de la communauté internationale, dont le centre culturel français de Gaza est ici le symbole.

Si le film a le mérite de montrer les deux points de vue en parallèle, de mettre en scène des individus de bonne volonté - ni colons fanatiques ni illuminés du Hamas -, attachés à leur communauté, il peine, en revanche, à être à la hauteur de ses bonnes intentions, tant le récit est attendu et prévisible.

Le cinéma est-il le bon médium pour la deuxième vie de ce roman épistolaire de Valérie Zenatti ? Pas sûr.

Heureusement, les jeunes acteurs ne manquent pas de charisme. Agathe Bonitzer dégage quelque chose de Charlotte Gainsbourg et Mahmoud Shalaby s’impose comme l’incontournable jeune acteur palestinien.


Réalisation : Thierry Binisti. Scénario : Thierry Binisti et Valérie Zenatti, d’après son roman. Avec Agathe Bonitzer, Mahmoud Shalaby, Hiam Abbass 1h39.