John Carter à la rescousse de Barsoom

Si l’on passe sur une affiche un poil kitsch façon "Conan le Barbare", "John Carter" est, sur le papier, des plus alléchants. Le projet marque, en effet, la rencontre entre Edgar Rice Burroughs (l’auteur de Tarzan) et Andrew Stanton, l’une des têtes pensantes des studios Pixar. Lequel a participé aux scénarios de la saga "Toy Story", de "1001 pattes", "Monstres et Cie", tandis qu’il a réalisé "Le monde de Nemo" et "Wall-E".

H. H.

Si l’on passe sur une affiche un poil kitsch façon "Conan le Barbare", "John Carter" est, sur le papier, des plus alléchants. Le projet marque, en effet, la rencontre entre Edgar Rice Burroughs (l’auteur de Tarzan) et Andrew Stanton, l’une des têtes pensantes des studios Pixar. Lequel a participé aux scénarios de la saga "Toy Story", de "1001 pattes", "Monstres et Cie", tandis qu’il a réalisé "Le monde de Nemo" et "Wall-E".

Première bonne surprise, "John Carter" reste fidèle au récit de Burroughs. Adapté d’"Une princesse de Mars" (premier roman du "Cycle de Mars" publié en 1917), cette production Disney ne cherche pas à actualiser le récit. L’histoire se passe toujours au XIXe siècle, ce qui confère un vrai charme rétro au film, lequel assume totalement le côté naïf des aventures de John Carter. Vétéran de la Guerre de Sécession, celui-ci devient un aventurier gentleman richissime. A sa mort, son neveu tombe sur ses mémoires, où il décrit dans le détail ses incroyables péripéties martiennes.

Pourchassé par des Apaches au fin fond du désert de l’Arizona, Carter se réfugie dans une étrange caverne. D’où il est projeté (ou plutôt dédoublé) sur la planète Mars, Barsoom, comme on dit là-bas. Fait prisonnier par d’étranges créatures verdâtres, il se transforme en un redoutable guerrier, se jouant de la pesanteur martienne pour faire des bonds de géants. Dans le même temps, il tombe sous le charme de la belle Deja Thoris, princesse humanoïde du royaume d’Helium, qu’il aidera à lutter contre le royaume voisin de Zodanga

Bien compliqué tout cela Malgré ses 2 h 12, "John Carter" peine d’ailleurs à nous faire plonger de plain-pied dans cet univers exotique imaginé par Burroughs. D’autant qu’Andrew Stanton ne se montre pas toujours très à l’aise avec les scènes d’action et de combat, parfois difficiles à suivre. Et si les seconds rôles offrent une belle galerie de gueules, les deux héros principaux (incarnés par les transparents Taylor Kitsch et Lynn Collins) manquent de charisme et leur romance est franchement trop appuyée !

Visuellement, "John Carter" est, cela dit, une vraie claque. Impeccables, les effets spéciaux donnent vie à un monde singulier. C’est bien là que l’on sent la patte du cinéaste, sans doute plus à l’aise avec le virtuel qu’avec des acteurs de chair et d’os. On se réjouit d’ailleurs de le retrouver, l’année prochaine, à la barre de "Monstres et Cie 2".

Réalisation : Andrew Stanton. Scénario : A. Stanton, M. Andrews&M. Chabon (d’après Edgar Rice Burroughs). Avec Taylor Kitsch, Lynn Collins, Willem Dafoe, Thomas Haden Church, Ciarán Hinds 2 h 12.